Stagnation de l’offre d’emploi

Création de nouveaux postes en milieu urbain contre une perte d’emplois en milieu rural. Telle est l’une des caractéristiques fondamentales de l’économie marocaine. Cette donne ne risque pas d’être boulversée, lorsque l’on sait, que l’activité rurale est tributaire des conditions climatiques et qu’une bonne partie des chômeurs ruraux se déplacent dans les centres urbains en quête d’un emploi.
Au titre du 4ème trimestre 2001, 132.000 nouveaux emplois sont créés en milieu urbain contre une perte nette de 55.000 dans les zones rurales. Le constat est dressé par la dernière enquête de la Direction de la Statistique relevant du ministère de la Prévision Economique et du Plan. Selon l’Etablissement, l’amélioration favorable de l’emploi constatée en milieu urbain est due essentiellement à l’accroissement des effectifs employés dans l’ensemble des activités économiques : agriculture, pêche, forêt (18,9%), industrie et artisanat (5,1%), BTP (+5,3%) et services (+2,2%). Ce sont surtout les entreprises privées et le secteur informel qui ont contribué à la création d’emplois urbains.
Dans les zones rurales, l’augmentation des effectifs employés sont relevés au niveau des BTP (42,4%), l’industrie (10%) et services (6,1%), relève la Direction de la Statistique. Mais cette hausse n’a pas pu combler le recul enregistré au niveau de l’activité agricole qui a accumulé une perte de 171.000 postes, soit une baisse de 4,6% en une année. Précisons toutefois que ce recul concerne essentiellement l’auto-emploi (-3,4%) et l’emploi non rémunéré (-2,4%).
L’Etablissement relève dans son étude que la population active en chômage a régressé de 7,2% au niveau national entre les quatrièmes trimestres de 2000 et de 2001.Idem pour le taux de chômage qui a accusé un recul de 09 point.
Ce recul concerne aussi bien le milieu urbain que rural et il a profité à l’ensemble des catégories d’actifs. Sur un autre registre, la Direction de la Statistique souligne que l’offre de travail de la population âgée de 15 ans et plus a quasiment stagné au cours du 4ème trimestre 2001.
Cette quasi-stagnation se justifie par le recul de la population active adulte en milieu rural (-2,3%) et la hausse de cette population au niveau urbain (+1,6%). Le taux d’activité, pour sa part, a baissé pour la période de 1,4 point. Ce recul touche particulièrement les femmes, les jeunes âgés de moins de 35 ans et les diplômés. En attendant les chiffres relatifs à la situation du marché du travail pour le 1er trimestre 2002, plusieurs observateurs économiques ne s’attendent pas à une rupture par rapport à la configuration de ce marché. La conjoncture défavorable en milieu rural se reflètera certainement au niveau de l’offre d’emploi.

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