Succession : Vaut mieux céder que cesser

Succession :  Vaut mieux céder que cesser

Le champ du capital investissement, communément appelé capital-risque, s’apprête à s’élargir. Après le capital développement, création ou même amorçage, plusieurs fonds s’apprêtent à lancer le capital transmission.
Le principe, loin d’être simple, porte schématiquement sur un meilleur accompagnement de la succession. « Une génération d’entrepreneurs est arrivée à l’âge de la retraite, aussi, l’émergence d’indices annonciateurs de difficultés, d’assurer une relève efficace de l’entreprise familiale et problématique de la pérennisation de l’entreprise familiale font surface », explique Mouhcine Bakkali, directeur à Moussahama, filiale BCP de capital investissement.
Selon le spécialiste, la mortalité des entreprises nationales est de 4 pour 10 créations (15.000 créations environ par an). L’existence d’une offre de capitaux à risque à la recherche d’opportunités d’investissements présentant davantage de visibilité dans ce sens. «En plus de la nécessaire injection de fonds, la mise à niveau est tributaire d’un coaching performant», tient à préciser Mouhcine Bakkali. Le capital transmission est, par conséquent, un autre outil global de mise à niveau par l’apport de fonds et coaching.
Concrètement, l’apport du capital transmission permet au cédant de réaliser un capital construit au fil des ans. la pérennité de son entreprise par l’apport de sang neuf en serait assumé au même titre que l’emploi de son personnel, tout en préservant le savoir-faire. Côté repreneur, c’est un excellent moyen d’acquérir à un coût « raisonné et raisonnable » une entreprise à développer.
« Surtout, l’intérêt pour le pays est doublement grand. La pérennisation du patrimoine industriel en serait la résultante », ajoute le directeur de Moussahama.
Toutefois, l’intérêt pour le capital investisseur n’est pas en reste. Ce genre d’opérations permet la réalisation d’affaires au risque circonscrit avec une visibilité accrue grâce à un management potentiellement performant.
Le plus souvent, le capital investisseur exige une participation majoritaire.
L’intérêt est de mieux se prémunir contre les réflexes de la gestion familiale bien établie. Toutefois, c’est généralement le cas par cas qui prédomine. « Il n’y a pas de règles figées. C’est généralement du sur-mesure. Par contre, le premier critère est la nécessité de la prise de conscience de l’impératif de la préparation de la succession au sein de l’entreprise marocaine», explique Hassan Laâziri, directeur général adjoint d’Accès Capital Atlantique, le fonds CDG et la Caisse du Québec.
Pour le responsable, il est indispensable de disposer d’équipes rodées et aguerries. Ils devront assurément êtres capables d’évaluer de manières pertinentes les profils et les capacités des repreneurs.
Le capital investissement, avec sa large contribution sélective à la mise à niveau, élargit ainsi son champ d’activité. Ces deux facettes de l’intervention, l’apport de fonds propres et l’accompagnement managérial, seront, grâce au capital transsmition, ainsi plus élargies.
Classiquement, l’accompagnement managérial se faisait à l’aide d’un apport de fonds propres, avec la prise de participation par apport de fonds propres ou quasi-fonds propres (appartiennent aux actionnaires). La durée est généralement temporaire avec l’objectif de retrait à moyen terme (3 à 7 ans). L’action portait sur les PME non cotées et indépendantes avec une rémunération aléatoire (partage de risque).Toutefois, les professionnels sont clairs.
« Le capital investisseur est un artisan de fonds propres. Son intervention reste individualisée et sur mesure. Notre intervention est complémentaire à celle de la banque par l’amélioration », tient à préciser Mouhcine Bakkali.
Ainsi, le partenariat établi porte sur le partage de la décision et de la responsabilité et par une assistance au management au niveau de la stratégie avec le lancement ou suppression d’un produit, l’implantation, renforcement ou abandon d’une zone commerciale, le recours à la sous-traitance, ou production en propre, etc.
Au niveau commercial, un meilleur positionnement concurrentiel est trouvé.
À l’aide des niveaux instruments de l’ingénierie financière, les types de financement les plus adaptés à l’investissement, l’appui juridique et fiscal ainsi que le réseau de relations sont ainsi élargis.
Reste à espérer la reconfiguration dynamique du contexte général de l’entreprise tant endogène qu’exogène qui se fait toujours attendre. Le texte de loi propre au capital investissement tarde encore à voir le jour.
Même dans sa dernière version, taillée sur mesure par ses architectes afin de mieux servir leurs intérêts propres, ce texte gagne d’abord à voir le jour, ensuite à être certainement amendé.

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