Tanger : des hôtels à la peine

Tanger : des hôtels à la peine

La toute dernière Commission de classement régional de Tanger n’y est pas allée avec le dos de la cuiller. Alors qu’ailleurs, cette instance est souvent confinée à des actions symboliques ; à Tanger, il s’agit d’un véritable observatoire de la qualité.

 Des rapports ont été établis. Des remarques ont été faites, notamment vis-à-vis de certains établissements où le personnel était sous-payé et l’emploi des stagiaires devenu un moyen de contourner le SMIG. 

Ainsi, les deux hôtels cinq étoiles de la ville, El Minzeh et le Movenpick ont été sommés de présenter dans les délais un plan de rénovation complet. Des changements à introduire allant de l’immobilier aux services.

Pourtant, il s’agit dans les deux cas de deux hôtels qui ont subi d’importantes retouches durant ces trois dernières années. Le Movenpick, malgré les investissements apportés, doit faire dilligence pour mettre en place tous les accessoires d’un grand hôtel cinq étoiles.  D’après les informations, les promoteurs de l’établissement s’attellent déjà à la tâche. Ce qui ne serait pas le cas d’El Minzeh, appartenant à des promoteurs irakiens, de plus en plus tournés vers l’immobilier. En tout cas,  pour le Movenpick adossé sur son casino, ce ne sont pas les moyens qui manquent, les performances de l’établissement étant jugés bons.

Le contrat de location qui lie le propriétaire au gestionnaire pèse lourd dans l’évolution de l’établissement. Il y a deux ans déjà, le président de Movenpick déclarait que ce  ce type de collaboration était une situation perdant-perdant pour tout le monde, pour l’opérateur et pour le gestionnaire, comme l’a démontré un certain nombre de faillites dans le secteur ces derniers années en Europe".

Dans la catégorie quatre étoiles, c’est le Solazur qui monopolise toutes les attentions. Cet éablissement bien situé, en front de mer, sur l’une des artères les plus fréquentées de la ville, a beaucoup perdu de son prestige. 
Les promoteurs, en mal avec le fisc, ne veulent pas apparemment déployer la grosse artillerie.
Les autorités locales  tiennent, quant à elles,  à ce que cet établissement soit rénové. D’ailleurs, une commission a autorisé au promoteur le droit de vendre le terrain attenant le jardin de l’hôtel, ce dont il n’avait pas le droit, rappelle un observateur averti de la vie tangéroise. Prix estimé de ce terrain, environ 4 milliards de centimes.
En tout, ce sont cinq à six établissements qui se sont vues admonestés.
Parmi les mauvais élèves, figurent en bonne place l’hôtel Chellah et  l’hôtel Tariq. Quant au Rif perdu dans les calculs des deux entrepreneurs, tantôt vendeurs, tantôt rénovateurs, il constitue aujourd’hui, à lui seul selon un membre actif du CRT local, un écueil pour la vision 2010.

Passé le premier délai, les établissements devraient être convoqués un par un par la Commission de classement, les écouter avant de procéder à un éventuel déclassement.  Destination en devenir, Tanger est donc confrontée au vieillissement de son parc d’hébergement. Beaucoup d’hôteliers, interrogés, trouvent compliquées les procédures pour le Rénovotel.

Pourtant, la rénovation reste une nécessité. Avec l’arrivée de Tanger Med, le produit touristique local, souvent saisonnier, étalé seulement sur cinq bons mois d’activité, doit couvrir maintenant toute l’année. «Nous serons alors une destination d’affaires », conclut-on dans les parages du CRT. Reste pour cela à se doter d’un Palais des Congrès. Projet constamment brandi, mais jamais exécuté à cause des querelles entre les différents promoteurs qui s’étaient manifestés.

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