Taux de chômage urbain

Depuis plusieurs semaines, le Haut commissariat au Plan (HCP) ne cesse de réaliser différentes statistiques provisoires relatives à l’évolution du chômage et de l’emploi durant l’année 2003.
Cette fois-ci, il semble qu’on dispose enfin de chiffres définitifs. Et encore une fois, et comme il s’est dégagé des précédentes versions, l’évolution en matière de chômage se révèle inquiétante.
Au plan national, le taux de chômage enregistre ainsi une augmentation qui atteint 11,9 % en 2003 contre 11,6 en 2002. Dans les villes, la situation reste particulièrement alarmante.
En milieu urbain, ce taux est passé de 18,3 à 19,3 % et a touché toutes les catégories d’actifs citadins classés selon le sexe, les tranches d’âge et le niveau du diplôme. Paradoxalement, ce taux a enregistré une diminution dans le milieu rural, en passant de 3,9 à 3,4 %. Globalement, l’effectif des chômeurs s’est ainsi accru de 96.000 personnes, passant de 1.203.000 à 1.299.000 entre 2002 et 2003, soit une hausse de 8 %.
Pour le HCP, cette augmentation est la résultante d’une hausse importante du nombre des chômeurs dans les villes avec 108.000 chômeurs supplémentaires. Un chiffre amorti cependant par un léger recul relevé dans les campagnes qui ont compté 12.000 chômeurs de moins. Cette évolution en matière de chômage est à lier avec la hausse de la population active âgée de 15 ans et plus, et qui a atteint 10.902.000 de personnes en 2003, enregistrant une hausse de 5 % par rapport à 2002. Cette augmentation de l’offre de travail s’explique essentiellement par une importante mobilisation des aides familiales en milieu rural (+11,7 %), soit environ 274.000 personnes dont 66,6 % de femmes). Le taux d’activité est ainsi passé de 50,7 à 51,9 % entre les deux années. Fait marquant : au Maroc, les campagnes créent plus d’emplois que les villes. En 2003, quelque 426.000 postes d’emploi ont été créés dans les villages. Mais dont 63,3 % sont des emplois non rémunérés. Il s’agit en l’occurrence des aides familiales et apprenties. En milieu urbain, la création nette d’emplois a porté sur près de 150.000 postes.
Cette évolution de l’emploi urbain est due à l’accroissement des effectifs employés dans l’ensemble des secteurs d’activité économique : agriculture, forêt et pêche (+6,7 %), services (+3,6 %), industrie, y compris l’artisanat (+2,6 %) et bâtiment et travaux publics (+1,2 %). Selon le statut professionnel, cette création d’emplois urbains a concerné principalement l’auto-emploi (+4,5 %) et l’emploi salarié (+3,1%). Et 89,8% des emplois créés sont à incomber au secteur privé, précise le HCP. En milieu rural, la création nette d’emplois a été de 277.000 postes en 2003, contre seulement 52.000 postes en 2002. Cette évolution s’explique essentiellement par la conjoncture favorable ayant marqué la campagne agricole 2002/2003. Concernant la répartition par segment, la création d’emplois dans le monde rural a essentiellement concerné l’emploi non rémunéré (+11,7 %, soit près de 276.000 personnes). L’emploi salarié et l’emploi indépendant ont par contre connu une légère baisse de 1 % et de 1,1 % respectivement.
Le secteur agricole constitue le principal employeur avec 89,1 % des postes créés. L’industrie arrive en deuxième position avec 10 % du total des postes. L’emploi dans les secteurs « bâtiment et travaux publics » et « services » a par contre quasiment stagné, avec respectivement (0,2%) et (0,3%).

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