Taux directeur fixé à 2,75%: Abdellatif Jouahri explique la baisse

Taux directeur fixé à 2,75%: Abdellatif Jouahri explique  la baisse

«En baissant le taux directeur à 2,75%, la banque centrale tend non seulement à encourager les banques à faciliter l’octroi des crédits, mais aussi à inciter les opérateurs économiques à reprendre leur investissement». Le motif a été avancé, mardi à Rabat, par Abdellatif Jouahri lors d’une conférence qu’il a donnée après le conseil trimestriel de l’institution qu’il chapeaute. «L’impact de cette baisse, une première dans l’histoire de la banque centrale, sera mesuré après coup», a-t-il enchaîné en s’expliquant sur les raisons l’ayant incité à entreprendre cette baisse. D’abord, les besoins de liquidité bancaire ont reculé de 70 milliards de dirhams (MMDH) en 2013 à 50 MMDH durant l’année en cours.

Ensuite, cette régression est attribuable, selon le gouverneur de Bank Al-Maghrib, à l’amélioration des avoirs extérieurs et des interventions du Trésor sur le marché monétaire, relevant que l’encours des réserves internationales nettes a atteint 175,6 MMDH à fin août, soit l’équivalent de 4 mois et 29 jours d’importations de biens et services et devrait se maintenir à ce niveau d’ici à fin 2014. Puis «l’embellie» au titre des réserves de changes.

Quant à la croissance, le responsable l’a estimée aux alentours de 2,5 % pour l’ensemble de l’année 2014 sans se prononcer sur le taux de 2015. «Nous attendons la loi de Finances», s’est-il contenté de dire.

Pour sa part, l’inflation s’établirait à 0,7 % en 2014 avec une balance de risques équilibrée, après la prise en compte des révisions des systèmes de tarification de l’eau et d’électricité opérées à partir du mois d’août. En détail, l’inflation ressort à 0,3% sur les 8 premiers mois de l’année, et sa composante sous-jacente à 1,2% en moyenne. Cette composante est revenue de 1,4% en juillet à 1% en août, en liaison avec la décélération du rythme d’accroissement des prix de 1,4 à 0,8% pour les biens échangeables et de 1,6 à 1% pour ceux non échangeables.

Au niveau de la sphère monétaire, les données du mois de juillet font apparaître un ralentissement de 4,2% du rythme d’évolution du crédit bancaire en moyenne au cours du deuxième trimestre à 3,9% en juillet et une progression de l’agrégat M3 limitée à 3,5% après 4,2%. Ainsi, l’écart monétaire ressort «négatif» selon M. Jouahri qui a indiqué l’absence de pressions inflationnistes d’origine monétaire.

Sur le marché interbancaire, le taux moyen pondéré (TMP) s’est stabilisé à 3,01% en moyenne au cours des mois de juillet et août. Alors que le taux débiteur moyen est resté quasi inchangé à 5,98% au cours du deuxième trimestre. Ceci étant, le taux de change effectif du dirham s’est déprécié de 0,37% au deuxième trimestre comparativement au premier en termes nominaux et

de 1,57% en termes réels.
En ce qui concerne le marché de l’immobilier, l’indice des prix des actifs a accusé au deuxième trimestre une nouvelle baisse de 1,3 %, en glissement trimestriel, après celle de 0,2 % un trimestre auparavant. Par catégorie, les prix des terrains et des locaux à usage commercial ont enregistré des replis respectifs de 3  et de 3,3%, tandis que ceux des biens résidentiels ont reculé de 0,1% après 0,4% le trimestre précédent.

A propos des Marocains disposant de comptes bancaires non déclarés à l’étranger, le numéro 1 de BAM a, par ailleurs, expliqué à ALM que «l’amnistie est à replacer dans un cadre global». Il a rappelé dans ce sens la démarche du G20 qui a récemment acté la proposition de l’OCDE sur les informations financières entre Etats. C’est pourquoi d’aucuns pays s’accélèrent vers la fin de 2014.

Le Maroc étant signataire a également fixé la fin d’année en tant qu’échéance. «Nous voulons faire du Maroc un hub financier régional et international, donc il faut aller vers un système de libéralisation du compte capital.

C’est intéressant à la fois pour les assujettis et le gouvernement qui atteste sur la confidentialité de déclaration entre les citoyens et les banques et qui devrait également indiquer clairement les mesures de cette amnistie», a conclu M. Jouahri.      
 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *