Télécoms : Le secteur a atteint sa vitesse de croisière

Télécoms : Le secteur a atteint sa vitesse  de croisière

Pour le plus grand bonheur des Marocains, passer un coup de fil coûte de moins en moins cher et les prix des communications ne cessent de chuter.

Est-ce les premiers signes de l’essoufflement du marché des télécommunications? Le secteur a connu, au premier trimestre 2016, une stabilisation de ses principaux indicateurs avec des reculs inattendus. En effet, si les indicateurs d’usage continuent à progresser et les prix des communications à baisser, le marché de la voix fixe et l’évolution des parcs d’abonnés ne suivent plus. C’est ce qu’ont démontré les tableaux de bord du marché des télécoms pour le 1er trimestre 2016 publiés par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Le secteur en est donc à un tournant où les prémices de la saturation commencent à se faire sentir. Et si la concurrence n’a jamais autant servi un secteur, elle a tout à démontrer face à un marché qui a atteint sa maturité.

De moins en moins d’abonnés «mobile»

Pour le plus grand bonheur des Marocains, passer un coup de fil coûte de moins en moins cher et les prix des communications ne cessent de chuter. Mesurés par le revenu moyen par minute (ARPM), les coûts des appels ont enregistré une baisse annuelle significative de 29%, passant de 0,31 DHHT à fin mars 2015 à 0,22 DHHT à fin mars 2016. Dans ces conditions, le nombre de minutes mobiles consommées par client par mois a atteint 112 minutes en moyenne par client et par mois à fin mars  2016, soit une hausse de 23% en un an. Cette croissance s’accompagne d’une évolution annuelle du trafic sortant mobile qui augmente de 20,41%, atteignant 14,28 milliards de minutes au cours du 1er trimestre 2016. En contrepartie, le nombre de SMS échangés durant les trois premiers mois de 2016 s’élève à 2,37 milliards d’unités enregistrant une baisse de 47,84% sur un an. Pareillement, en dépit d’un contexte favorable, le parc mobile semble se saturer. Il enregistre une importante baisse annuelle de 3,05%. Ainsi, à fin mars 2016, le Maroc comptait 42,06 millions d’abonnés mobiles avec un taux de pénétration d’un peu plus de 124%. Plus en détails, la répartition du parc mobile selon le mode de facturation fait ressortir toutefois une évolution positive du parc post payé qui a atteint 2,8 millions d’abonnés avec une croissance annuelle de 19,48%. Le parc des abonnés prépayés a atteint 39,26 millions d’abonnés et enregistre une baisse de 4,34% par rapport à mars 2015.

L’Internet mobile cartonne

S’agissant de l’Internet, la facture moyenne mensuelle par client Internet marque une hausse notable de 9%, s’établissant à 24 DHHT/mois au 31 mars 2016 contre 22 DHHT à la même période de 2015. La facture mensuelle de l’Internet 3G enregistre également une hausse de 13% et s’établit à 17 DHHT/client à fin mars 2016. De même, celle de l’ADSL connaît une hausse de 5% et s’élève à 98 DHHT/ client à fin mars 2016. Une évolution qui ne s’est aucunement répercutée sur le nombre d’abonnés Internet. En effet, s’agissant du nombre d’abonnés Internet, il est de près de 14,5 millions d’abonnés, en hausse annuelle de 40,33%. Le taux de pénétration a ainsi atteint 42,78%. En ce sens, le parc Internet mobile qui compte près de 13,31 millions d’abonnés marque une progression annuelle de 43,29%, alors que le parc ADSL enregistre également une croissance annuelle de 13,67%. En ce sens, il y a lieu de signaler que plus de 91,91% des abonnés Internet utilisent les accès Internet mobile.

Le fixe ne trouve plus sa place

Par ailleurs, avançant à contresens du courant, le prix moyen de la minute dans le segment fixe affiche une hausse de 17% sur un an, passant de 0,83 DHHT/min au 31 mars 2015 à 0,97 DHHT à fin mars 2016. Aussi, le parc fixe se chiffre à 2,17 millions abonnés dont 407.993 en mobilité restreinte, ce qui représente une baisse annuelle de 9,15%. Dans ce contexte, l’usage moyen sortant mensuel par abonné a connu une baisse de 5% entre fin mars 2015 et fin mars 2016. Quant au trafic voix sortant pour ce même segment, la baisse est de l’ordre de 13,89% sur une année, s’établissant à 798,54 millions de minutes.

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