Tempête sur les Bourses mondiales

La bourrasque boursière mondiale a recommencé à souffler lundi 5 mars sur les marchés, Tokyo dégringolant de 3,34% sur fond d’appréciation marquée du yen, et sa déprime se propageant aux autres places asiatiques et européennes, déjà sonnées par une semaine de lourdes pertes.
Londres perdait 1,45%, Francfort 1,80%, Zurich 1,74% tandis qu’à Paris, le CAC 40 abandonnait 1,59% à 5.338,51 points. Les marchés européens sortent tout juste d’une semaine noire marquée par leur plus fort recul depuis quatre ans. «Les Bourses d’Asie baissent et il y a de nouveaux risques dans les sociétés américaines de financement de l’immobilier», a commenté François Chaulet, gérant de portefeuille chez Montsegur Finance. «Ce sont les actions des sociétés les plus sensibles à la croissance économique mondiale, qui avaient le plus progressé les mois précédents, qui subissent les baisses les plus fortes», a ajouté l’investisseur. La compagnie de crédits immobiliers à risques New Century Financial, l’une des principales des Etats-Unis, a indiqué vendredi 2 mars faire l’objet d’une enquête pénale et ne plus pouvoir répondre aux exigences de ses principaux créanciers, ce qui pouvait menacer sa survie.
Cette annonce a accru les inquiétudes relatives au ralentissement du marché immobilier aux Etats-Unis, qui fut longtemps le principal moteur de la croissance dans la première économie mondiale. Au Japon, l’indice Nikkei 225 de la Bourse de Tokyo a fini en net repli de 3,34%, replongeant sous la barre des 17.000 pour la première fois en deux mois après avoir déjà fondu de 5,34% la semaine dernière. De nombreux analystes s’attendent à une poursuite de la correction. Le niveau des 16.000 points pourrait être atteint rapidement. Ce sont les actions des grands groupes exportateurs japonais qui ont le plus souffert lundi 5 mars en raison de la nette remontée du yen par rapport au dollar, conséquences des turbulences boursières. Une appréciation qui nuit au commerce extérieur nippon. La monnaie nippone a repris environ 5% à l’euro et au dollar en une semaine. «Le yen japonais continue à bénéficier de l’aversion croissante pour le risque après les pertes sur les marchés d’actions mondiaux, qui ont encouragé les investisseurs à réduire leur exposition et à défaire leurs +carry-trades+», a commenté John Kiriakopoulos, stratège chez Australia Bank. Le "carry-trade", une pratique spéculative consistant à emprunter de l’argent là où les taux d’intérêt sont bas pour le placer là où ils sont élevés, a fortement affaibli le yen ces derniers mois, le loyer de l’argent étant très bas au Japon (0,50%) par rapport au reste du monde.

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