Tensions sur le marché de l’immobilier

Tensions sur le marché de l’immobilier

Avec un taux de croissance de 9% en 2006, le secteur de l’immobilier reste l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie nationale. Selon BMCE Capital, la consommation moyenne de ciments est estimée à 13,2 millions de tonnes en 2007 contre 11 millions en 2006. Un dynamisme qui n’est pas sans incidence sur les matériaux de construction dont les prix se sont sensiblement élevés durant ce premier trimestre 2007. Les prix de l’acier ont ainsi augmenté de 6% par tonne, selon BMCE Capital. L’une des plus fortes inflations concerne le bois qui s’est renchéri de 12%. «En conclusion, relève l’analyse, le manque des matériaux de construction dans un contexte de croissance soutenue des chantiers de construction pourrait inciter les fournisseurs nationaux à s’orienter vers l’importation afin de satisfaire la demande nationale».
Ce règlement de la question des matériaux en amont est d’autant plus crucial que pour les cinq prochaines années, le secteur s’attend à une forte croissance . Le CMC estime ainsi la demande de logements urbains à 144 000 par an contre 110 000 unités en 2004. Cette projection est faite à l’aide des hypothèses sur l’évolution de la taille des ménages, laquelle passera de 5,1 personnes en 2004 à 4,6 à l’horizon 2012. La baisse du nombre moyen de personnes par ménage, inéluctable  aux changements intervenus au niveau de la pyramide des âges, se traduira par une demande supplémentaire de 36 000 logements par an.
Au total, ce seront 216 000 logements qu’il faudra produire de 2007 à 2012 pour répondre à la demande générée par la seule croissance du nombre de ménages urbains, estime le CMC.  De son côté, le ministère de l’Habitat évalue à plus de 700000 le déficit de logements urbains, dont 160 000 pour les ménages des bidonvilles et 350 000 pour ceux des quartiers clandestins.  A l’horizon 2012, l’accès à la proprièté va concerner 41% en moyenne de la demande annuelle de logement soit un taux inférieur à celui observé au cours de la période 1994-2004 qui était de 61,4%. Le taux de propriètaires va baisser, passant de 56,8% en 2004 à 55% en 2012.
Compte tenu de la demande non satisfaite, le marché locataire deviendra dans les années à venir un problème majeur des grandes villes. En clair, pour le CMC, l’analyse des tendances du marché du logement montre clairement que la crise du logement ne peut être résorbée seulement par l’accession à la proprièté et que la production des logements locatifs devait recevoir une priorité aussi grande dans les efforts de l’Etat et dans la réforme du système de financement du logement.

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