Textile : le bon filon pour le Maroc

Annoncée depuis début janvier 2005, la fuite massive des donneurs d’ordres dans le domaine du textile devient une réalité. Récemment, la Poste française ainsi que la Banque centrale française viennent de passer commande aux Chinois pour confectionner leurs uniformes respectifs. L’effet classique de concurrence est donc aggravé par la perspective de fermeture pure et simple au Maroc d’unités de confection étrangères qui réorientent leurs délocalisations, notamment vers la Chine, pour bénéficier des coûts de production qui y sont très inférieurs.
Les arrivages massifs défient une industrie nationale qui compte 1.687 entreprises et emploie plus de 200.000 personnes pour un chiffre d’affaires de 35 milliards de dirhams (3,15 milliards d’euros environ), selon les données du ministère de l’Industrie. L’ensemble des observateurs s’accordent à reconnaître que l’industrie nationale a raté son tournant historique. C’est malheureux de le dire, mais un certain nombre d’entreprises marocaines devront penser dès maintenant, à faire autre chose. Selon Roger Mouchet, un consultant en textile, pour le même coût, le donneur d’ordres a 1 seul article en France, 9 au Maroc et 29 en Chine. «Les donneurs d’ordres iront là où ils obtiendront les coûts les plus bas", a-t-il expliqué à l’agence de presse AFP. Et pourtant, le textile-habillement reste une activité qui a de l’avenir dans le Royaume, pour peu qu’il joue le jeu de l’innovation.
Le salut du textile marocain est dans une stratégie de produits à forte valeur ajoutée et l’idée de passer de la sous-traitance à la co-traitance où le fabricant est appelé à prendre en charge le produit complet reste assurément l’une des voies à pratiquer. Les autorités tablent, de cette manière, sur la compensation du marché européen par les réalisations sur le marché américain. Le secteur doit en effet se recycler mais les pouvoirs publics marocains doivent continuer à assainir l’environnement du textile, en agissant sur l’Administration, la fiscalité, les douanes ainsi que les incitations à l’investissement.
Aussi, une autre voie qui commence à être mise sur les rails : les regroupements régionaux dans une logique win-win. 
Une ouverture vers le voisin espagnol, notamment, est source de pérennisation de plusieurs sociétés du secteur. Le Maroc a besoin du savoir-faire espagnol. Et l’Espagne cherche à réduire ses coûts de production pour reconquérir le marché américain où elle a beaucoup régressé en raison de l’appréciation de l’euro et de la concurrence chinoise.

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