TIC, textile, automobile, enseignement supérieur… Le Portugal à l’affût des investisseurs marocains

TIC, textile, automobile, enseignement supérieur… Le Portugal à l’affût des investisseurs marocains

«L’environnement d’affaires est assez sain et la législation est claire. Ces développements peuvent contribuer à rendre le Portugal plus attractif».

Dans le secteur automobile, les deux pays peuvent être complémentaires puisque des marques ont créé leurs centres de R&D au Portugal. «Cela peut être utile pour le Maroc».

«Nous aimerons avoir plus d’investisseurs marocains au Portugal». L’appel est lancé, jeudi à Casablanca, par Maria Rita Ferro, ambassadrice de ce pays au Maroc, lors du séminaire «Investir au Portugal. Le bon choix. Au bon moment». S’exprimant en ouverture de cet événement, initié par la Chambre de commerce, d’industrie et des services du Portugal au Maroc (CCISPM), elle précise que de grandes réformes ont été menées dans son pays. «L’environnement d’affaires est assez sain et la législation est claire.

Ces développements peuvent contribuer à rendre le Portugal plus attractif», enchaîne-t-elle.   L’oratrice ne manque pas de rappeler les relations séculaires entre les deux Etats. Celles-ci étant entérinées dans un autre accord signé depuis 25 ans par les deux pays. Outre cet appel, l’événement était l’occasion de présenter les atouts du Portugal en termes d’investissements.

Pourquoi investir au Portugal

Tout d’abord, la proximité géographique. «Entre Rabat et Lisbonne, c’est 900 km. Nous sommes très proches», précise Rui Cordovil, directeur de l’agence pour l’investissement et le commerce extérieur du Portugal au Maroc. Avec un sens de l’humour, il s’adresse aux investisseurs marocains présents à l’événement pour s’exprimer également sur la complémentarité entre ceux-ci et les Portugais. «Vous êtes pragmatiques. Pour notre part, nous aimons bien faire les choses.

Le Maroc ne perd jamais. L’échange entre les hommes d’affaires portugais avec les Marocains est le mariage parfait», vante-t-il. Et ce n’est pas tout. «Les portugais sont rigoureux, nous allons aux détails», avance-t-il. L’orateur précise également que son pays offre «un très bon rapport qualité/prix en formation». Dans ce sens, il conduit l’exemple d’un jeune ingénieur qui touche un salaire de 1.200 euros à sa sortie d’université. «Nous avons une très grande facilité de communication sans préjugés. Nous sommes très ouverts par nature comme nous avons toujours absorbé d’autres cultures», enchaîne-t-il en énumérant les domaines importants dans son pays.

Les secteurs où il fait bon investir

«Il y a des secteurs que je crois très importants pour le Maroc», poursuit-il. Dans cette lignée, il cite les TIC notamment en modernisation de l’administration. Pour lui, il y a une possibilité de réussir parce qu’il y a beaucoup de compétences au Portugal. «Vous avez l’opportunité de trouver des partenaires», ajoute-il à l’adresse des investisseurs marocains. Aussi, les universités portugaises travaillent pour les universités en développant des centres techniques et incubateurs pour lancer de nouveaux produits et solutions.

«C’est une plus-value dont le Maroc peut bénéficier au Portugal», lance-t-il en énumérant d’autres secteurs. Dans le secteur automobile, les deux pays peuvent être complémentaires, selon ses dires, puisque des marques ont créé leurs centres de R&D au Portugal. «Cela peut être utile pour le Maroc», exalte-t-il. Comme il l’indique, le textile, notamment les chaussures, est aussi un secteur très important. «Les opportunités d’investissement sont également ouvertes pour avoir des partenaires au Maroc afin de toucher des pays africains», conclut-il.

Avantages compétitifs du Portugal

Comme l’a précisé M. Cordovil, les exportations du Portugal ont augmenté de 3,7% en 2017-2018. Les investissements ont, à leur tour, progressé de 5,6% sur la même période. «Nos investissements sont basés sur le talent, l’innovation et la compétitivité. Nous sommes ouverts à ce que d’autres pays viennent chez nous», entérine le directeur de l’AICEP. Cependant, l’intervenant présente une liste détaillant les exportations dans laquelle le Maroc ne figure pas.

Il indique par l’occasion que son pays lutte contre la corruption aussi. Selon ses dires, le Portugal a, de plus, beaucoup investi dans les énergies renouvelables. C’est aussi un exportateur net d’énergie depuis 2016. L’orateur présente également le rôle de l’agence qu’il dirige. Celle-ci accompagne toutes les démarches pour réaliser des projets. «Le Portugal est le 2ème pays, sur 67, le plus ouvert pour l’investissement direct à l’étranger», précise-t-il en citant le rapport de l’OCDE. Aussi, le pays est le 34ème sur 140 en 2018 selon le rapport consacré par le Forum économique mondial à la compétitivité internationale.

Mieux vaut tard que jamais…

Visiblement, ces atouts ont pris du temps pour être mis en lumière. Rencontré en marge de l’événement, José Maria Teixeira, président de la CCISPM, indique: «il est vrai qu’il y a eu beaucoup de progression dans les relations économiques entre le Portugal et le Maroc depuis des années. Mais mieux vaut tard que jamais ! ».

Pour lui, le fait de commencer à présenter les atouts de son pays est un «premier pas» pour les investisseurs et entrepreneurs marocains qui cherchent de nouveaux marchés.

«Je pense que c’est ça le plus important aussi», enchaîne-t-il. Selon ses dires, c’est une «première» séance d’information, d’échange, de networking.

D’après lui, il était question de montrer les soutiens à l’investissement en espérant que cela crée de l’intérêt chez les entrepreneurs marocains pour se rapprocher aussi du Portugal voire de faire des partenariats dans l’avenir et passer à des actions plus concrètes.

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