Tomate : La discorde demeure

Faute d’accord global dûment négocié sur le volet agricole, la Commission européenne propose au Maroc de prolonger jusqu’au 31 décembre de cette année le protocole en vigueur depuis le 30 septembre de l’année dernière.
Cette proposition devait-être formulée par téléphone ou par courrier au gouvernement marocain, car aucune date concrète de réunion n’a apparemment pas encore été fixée, à croire une déclaration du porte-parole du Département de l’Agriculture de la Commission européenne. D’après cette même source, le Maroc ne serait pas prêt pour une nouvelle réunion, bien que les rencontres préliminaires aient déjà démarré dès début de cette année. L’ensemble des Etats de l’Union européenne se serait prononcé en ce sens, alors qu’ils avaient le choix entre deux possibilités, un retour au traité de 1995 ou la prolongation de l’accord de 2001.
Les négociations concernent en priorité les tomates. L’accord du 30 septembre 2001 accorde au Maroc d’exporter 168.000 tonnes de tomates vers l’U.E. sans droits d’entrée et contre une faible taxation, pour toute la campagne qui se terminait au mois de mai. Ce quota est aujourd’hui dépassé car il ne répond plus ni aux attentes du Maroc ni aux engagements de la Commission européenne. L’accord, réactualisé annuellement, est vieux de sept ans. Il est la source de vives dissensions entre les deux parties, car tout dépassement du quota est très fortement taxé par la Commission européenne. Le Produit marocain est combattu avec acharnement par les producteurs espagnols, notamment ceux de las Palmas.
La guerre diplomatico-sécuritaire déclarée par l’Espagne au Maroc est ainsi transposée au volet agricole. Pour les agrumes, on s’attend à une progression, de l’ordre de 21 %, des exportations pour atteindre 520.000 tonnes cette année contre 430.000 tonnes l’année dernière. Pour contourner l’obstruction espagnole et européenne, le Maroc a ciblé de nouvelles régions de débouchés, des perspectives s’étant dessinées notamment en Russie et au Canada. L’augmentation la plus importante concerne la clémentine dont les exportations devraient avoisiner les 170.000 tonnes, soit une augmentation de 40 %.
Mais l’augmentation des exportations d’oranges est à mettre principalement au compte de la variété Maroc-Late, dont on prévoit une hausse des exportations supérieure à 24 %. La Russie est le premier acheteur d’agrumes marocains. Elle en a importé pour 91.000 tonnes d’oranges et 42.500 tonnes de mandarines.

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