Total ne connaît pas la crise et réalise des résultats record

Le bénéfice net ajusté de Total a bondi de 35% au troisième trimestre à 4,1 milliards d’euros, soit plus qu’attendu par les analystes financiers.  Sur les neuf premiers mois de 2008, le bénéfice a gagné 21% à 11 milliards d’euros, un record là aussi. S’il termine l’année sur cette lancée, le groupe ne devrait pas avoir de mal à battre son record de 2006 (12,58 milliards d’euros), qui était le plus gros profit jamais enregistré par une entreprise française. Total profite notamment de l’envolée des prix du brut, qui ont atteint un sommet historique à plus de 147 dollars en juillet. Sur le trimestre, le prix moyen du baril de Brent s’est ainsi élevé à 115,1 dollars en moyenne, soit 54% plus cher qu’à la même époque de 2007. Le prix moyen de vente du gaz a lui progressé de 67% sur le trimestre. Cette hausse des prix des hydrocarbures a largement compensé la baisse de production de 5% sur le troisième trimestre à 2,231 millions de barils. Ce recul s’explique par des incidents techniques en Libye et en mer du Nord, des problèmes de sécurité «accrus» au Nigeria et par le déclin naturel des champs pétroliers, indique Total. Total a aussi profité de la fermeture de nombreuses raffineries américaines pendant la saison des ouragans dans le Golfe du Mexique. Le groupe pétrolier, qui compte l’essentiel de ses raffineries en Europe de l’Ouest, a ainsi pu écouler ses produits à meilleur prix aux Etats-Unis. Total exporte notamment une grande partie de sa production d’essence vers les Etats-Unis. La marge des raffineries européennes a ainsi bondi de 88% au troisième trimestre sur un an. Réagissant à la publication de ces résultats, François Pélégrina, coordinateur CFDT chez Total, a estimé que le groupe pétrolier devait «être un acteur de la relance économique». «Le groupe a des marges de manœuvre pour relancer le pouvoir d’achat de ses salariés et développer et maintenir l’emploi», a-t-il estimé, citant notamment Hutchinson, division caoutchouc de Total, qui souffre du ralentissement du marché automobile. Pour l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, «tout le monde subit la crise en ce moment, sauf Total et les autres compagnies pétrolières». «Il y a un vrai déséquilibre entre les compagnies pétrolières qui dégagent des profits exceptionnels et les consommateurs qui subissent des hausses de prix croissantes», a souligné François Carlier, directeur adjoint des études. L’association plaide depuis plusieurs années pour une «contribution exceptionnelle» des compagnies pétrolières pour soutenir le pouvoir d’achat, et financer l’après-pétrole.


• Antoine Agasse (AFP)

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