août 16, 2017

Tour d’horizon des écosystèmes lancés en 2016

Tour d’horizon des écosystèmes lancés en 2016

Textile et habillement : 3 filières en lice

Trois filières du textile se sont dotées d’écosystèmes performants. Il s’agit en effet de la «Maille», du «Textile de maison» et du «Textile à usage technique». Les contrats de performance relatifs à ces écosystèmes ont été signés en octobre 2016. Ils se fixent pour objectif à l’horizon 2020 la réalisation d’un chiffre d’affaires additionnel de 8,4 milliards de dirhams dont 2,75 milliards de dirhams à l’export. Ces écosystèmes contribueront à la création de 16.763 emplois d’ici 2020. De même, 20 projets d’investissements seront portés par des locomotives. L’organisation de ces trois nouvelles filières du textile en écosystèmes performants permettra de renforcer leurs atouts tout en apportant des réponses concrètes aux défis auxquels elles sont toujours confrontées, à savoir notamment l’amélioration de la compétitivité de l’offre Maroc, le développement de l’amont des filières et de l’innovation pour mieux se positionner sur le marché local et capter sa croissance, le développement d’une offre intégrée au profit des locomotives, la dynamisation de l’investissement dans les activités à forte valeur ajoutée, ainsi que l’intégration des opérateurs informels. A souligner que depuis le lancement en février 2015 des premiers écosystèmes textiles, une réelle dynamique de l’investissement s’est enclenchée dans le secteur : 36 projets d’investissement d’un montant de 1,138 milliard de dirhams et générant 20.673 emplois ont été initiés. Les écosystèmes textiles lancés en février 2015 dans les filières du Fast-Fasion, du denim et des distributeurs industriels de marques nationales visent à l’horizon 2020 la création de 100.000 emplois et la réalisation d’un chiffre d’affaires additionnel à l’export de 5 milliards de dirhams. La création de ces écosystèmes favorise l’émergence d’un amont textile compétitif et innovant, indispensable pour une meilleure intégration du secteur et pour gagner en réactivité et en coûts logistiques dans l’approvisionnement des donneurs d’ordre.

Boeing opère dans le sourcing

En septembre 2016, une annonce de taille a été faite. Boeing s’engage à créer un écosystème de sourcing au Maroc. Un protocole d’accord avec l’avionneur Boeing a été signé en vue de la création au niveau national d’un écosystème d’équipementiers aéronautique. Le projet d’envergure qu’entreprend le géant mondial de l’aéronautique consiste à structurer un écosystème formé de fournisseurs et d’organiser une plate-forme de sourcing basée au Maroc. Cet écosystème atteindra un nouveau chiffre d’affaires à l’export annuel d’un milliard de dollars, entraînera l’implantation de 120 fournisseurs de Boeing et permettra la création de 8.700 nouveaux emplois spécialisés. Pour couvrir les besoins en formation de son écosystème, des programmes de formation dédiés spécialement conçus par Boeing seront implémentés. Ce contrat est le résultat d’une convergence entre les exigences opérationnelles du leader mondial, à la recherche de capacités d’équipementiers avec production qualitatives, capables de livrer à temps et à des conditions compétitives, et les avantages compétitifs qu’offre le Maroc, notamment une infrastructure aux standards internationaux, des ressources humaines de qualité et des conditions de production à des coûts attractifs. Boeing et le Maroc ont développé, à cet effet, un programme incitatif pour amener de nouveaux fournisseurs de Boeing à s’établir au Maroc. De plus, les deux parties vont coopérer étroitement afin de former la main-d’œuvre future du pays.

OCP dans le viseur

En juillet 2016, le ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique a scellé un partenariat avec l’Office chérifien des phosphates. Cette convention porte sur le développement d’un écosystème OCP dans les zones de Jorf Lasfar, Khouribga, Safi, Gantour et Laâyoune, sur la période 2016 – 2020.

Cet écosystème sera mis en place autour de grandes entreprises industrielles et de PME marocaines sous-traitantes dans les filières des «Equipements Mines et Chimie », des «Opérations et Maintenance industrielle et services», de la «Construction industrielle multidisciplinaire» et de la «chimie et chimie fine». L’écosystème améliorerait le taux d’intégration des achats du Groupe, ainsi que la démultiplication de l’investissement global de ses fournisseurs.

Les industries mécaniques et métallurgiques rejoignent le clan

Trois filières du secteur des industries mécaniques et métallurgiques se sont dotées d’écosystèmes. Ceci concerne les filières de la valorisation des métaux cuivre et aluminium, les nouveaux métiers «machines agricoles et bicyclettes» et le travail des métaux. La finalité étant de relever les défis qui se présentent au secteur, notamment la forte concurrence à laquelle sont exposées les entreprises et ce en raison de la surcapacité de production mondiale de l’acier, le développement des filières en aval, l’amélioration de la culture d’innovation et de l’export, et un déficit chronique relevé au niveau des échanges commerciaux. Les écosystèmes lancés contribueront à créer: près de 13.340 emplois, 1,7 milliard de dirhams de valeur ajoutée additionnelle, 11 milliards de dirhams de chiffre d’affaires additionnel, 2 milliards de dirhams d’investissement et 2,3 milliards de dirhams de gain en termes de balance commerciale. Pour accompagner le développement de ce secteur, un soutien adapté sera porté aux entreprises, à travers l’appui à l’investissement via le Fonds de développement industriel et d’investissements (FDII), un accès plus aisé au foncier (57 hectares destinés au secteur) et la mise en place d’une offre de formation couvrant l’ensemble des besoins des écosystèmes. L’accompagnement comprendra également la mise en place d’un dispositif réglementaire de traçabilité de l’origine et des transactions des déchets de métaux, la régulation des exportations des déchets de métaux, ainsi que la mise en place de mesures favorisant l’intégration locale dans les grands projets publics.

Ecosystèmes pharmaceutiques : La performance au rendez-vous

Le secteur de la pharmacie a connu la structuration de deux de ses filières en écosystèmes courant 2016. Dans ce sens, 3 contrats de performance ont été conclus pour accompagner le déploiement des écosystèmes lancés. «Médicaments» et «Dispositifs médicaux» sont les deux filières concernées par ces écosystèmes qui couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur de production de médicaments et de dispositifs médicaux, depuis le développement jusqu’à la commercialisation. 5 branches seront dans ce sens organisées en métiers. Citons dans ce sens les essais cliniques, les ingrédients pharmaceutiques actifs et du packaging, la fabrication locale et de l’export, les médicaments biosimilaires et les dispositifs médicaux. La mise en œuvre des écosystèmes lancés contribuera à créer entre 4.700 et 5.000 nouveaux emplois directs à forte valeur ajoutée. Elle générera une valeur ajoutée et un excédent commercial additionnel respectivement de près de 4,2 et 7,8 milliards de dirhams . Ces écosystèmes augmenteront par ailleurs le chiffre d’affaires direct du secteur d’environ 11,1 milliards de dirhams. Les mesures d’accompagnement prévues pour les entreprises du secteur, dans le cadre des contrats de performance conclus, visent ainsi le déploiement d’un plan de démarchage des investissements directs étrangers. Elles ont par ailleurs pour objectif la mise en place de mesures réglementaires ciblées, en l’occurrence les décrets d’application de la loi sur les essais cliniques, la certification des sites, la garantie de la protection des brevets, etc. Des mesures stimulant l’intégration locale seront par ailleurs instaurées. De même, l’accès au foncier sera facilité à travers la mise en disposition de 8 hectares de foncier, à des prix compétitifs.

Les «moteurs et transmission» en marche

Lancé en février 2016, l’écosystème «moteurs et transmission» vient valoriser les métiers de la fonderie, la fonderie aluminium, l’injection d’aluminium sous pression, l’affinage d’aluminium et l’usinage moteur. Son déploiement favorisera un développement plus accéléré de la filière à travers l’émergence de métiers pionniers, l’intégration de la filière et l’attraction de nouveaux investissements. Cet écosystème contribuera, à terme, à créer 10.000 nouveaux emplois industriels directs à forte valeur ajoutée, générer un chiffre d’affaires additionnel de plus de 6,5 milliards de dirhams et un investissement total de près de 6,5 milliards de dirhams, ainsi qu’à augmenter le taux d’intégration de la filière «Powertrain Automobile» de 25 points via le développement du sourcing local. Cet écosystème permettra de contribuer à la réalisation de l’objectif d’atteindre un taux d’intégration de 80%, et de compléter la chaîne de valeur automobile à travers l’émergence de nouveaux métiers, à forte valeur ajoutée et la fabrication de nouvelles pièces (châssis et transmission, moteur et boîtes de vitesses), ainsi que le développement de nouvelles technologies (aluminium par coulée ou injection sous pression, fonte depuis chutes de ferraille).

Pour accompagner le développement de cette filière, un soutien adapté sera porté aux entreprises, à travers l’appui à l’investissement via le Fonds de développement industriel et d’investissements (FDII), pouvant atteindre jusqu’à 30% du montant global d’investissement, un accès plus aisé au foncier (15 ha de foncier locatif destinés à la filière) et l’appui à la compétitivité des TPME et auto-entrepreneurs. L’accompagnement comprendra également sur la mise en place d’un plan de formation intégré et adapté aux besoins du secteur, un soutien financier aux laboratoires moteur et un appui au déploiement du statut auto-entrepreneur dans la collecte de ferraille.

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