Tourisme : Agadir à la conquête du marché russe

Le 13ème Salon des voyages et du tourisme de Moscou (Mitt 2006 du 22 au 25 mars) c’est plus de 2700 exposants, quelque 110 pays participants et une superficie globale de 36.000 M2. Le Salon, qui en est à sa 13ème édition, prend de l’importance au fil du temps. Et pour cause, la Russie, 143 millions d’âmes, qui s’est éveillée au tourisme il y a une dizaine d’années, émerge comme une destination émettrice prometteuse.  Aussi, le Maroc qui participe au Mitt depuis 2001, souhaite-t-il se positionner sur un marché très convoité par de nombreux pays. Avec son produit balnéaire, Agadir veut réellement séduire les touristes moscovites qui ont la réputation d’être dépensiers et généreux. Dans ce sens, une importante délégation d’opérateurs touristiques, avec à sa tête le wali de la région, Rachid Filali, le président du CRT, Saïd Scally et le maire de la ville, Tarek Kabbage, a participé à l’événement. Là aussi, comme lors du dernier Salon de Londres, les professionnels du Souss ont joué la carte de la région (Souss-Massa-Draâ) qui a pris ses quartiers dans un espace de 48M2 sur 100 dédié à l’ensemble du Maroc.  Signe que l’intérêt y est, Souss-Massa-Draâ a été l’invité d’honneur de la cérémonie d’inauguration du Mitt marquée par les allocutions de circonstance de MM. Scally et Kabbage  qui ont lancé un appel aux touristes russes pour venir découvrir les nombreux les charmes de leur région. Une destination qui a reçu l’année dernière la visite de quelque 4.000 Russes sur 10.000 pour le reste du Royaume. Flux dérisoires surtout lorsque l’on sait que les pays concurrents font beaucoup mieux : près de 100.000 pour la Tunisie, 670.000 en faveur de l’Egypte et plus d’un million et demi pour la Turquie qui se taille la part du lion. Contrairement à ces destinations qui ont pour elles la proximité avec la Russie (entre 3 et 4 heures de vol), Agadir, elle, n’est pas à  portée d’aile (6 heures de vol minimum). Pour le moment, il y a un handicap de taille qu’il va falloir dépasser, l’absence d’une liaison aérienne RAM ou Atlas Blue entre Agadir et Moscou. Malgré le potentiel indéniable de ce marché-cible dont les ressortissants n’ont plus besoin de visa pour se rendre au Maroc, le transporteur national ne veut pas se lancer rapidement dans ce qui ressemble à ses yeux à une aventure. On est en train d’analyser la situation, explique Driss Benkirane, responsable commercial de la RAM. Le président du CRT, Saïd Scally, lui, est très optimiste : si la RAM accepte de jouer le rôle de lièvre pour créer la demande entre le mois de novembre et mai, argue-t-il, je suis certain que les flux des touristes russes en direction du Maroc vont doubler cette année. Même son de cloche du directeur général de l’ONMT, Abbas El Azzouzi, qui devait rencontrer certains gros TO moscovites. Il table sur au moins 15.000 visiteurs russes.
Le scepticisme de la RAM tranche avec l’enthousiasme et l’engouement du stand de la région Souss-Massa-Draâ qui du reste n’a pas lésiné sur les  moyens en vue de faire la différence et séduire le touriste du pays des Tsars. Plusieurs tonnes de produits du terroir acheminés jusqu’à Moscou : filets d’orange, gâteaux marocains, flacons d’huile d’argan et bouteilles de vin rouge.  Une bonne partie de ces morceaux du pays s’est arrachée comme des petits pains dès le premier jour. Last but not least, les brochures et autres dépliants vantant les atouts d’Agadir ont été écrits dans la langue russe. La volonté de conquête du marché russe ne fait aucun doute. Mais encore faut-il, au-delà du problème de l’aérien, que le Maroc accompagne cette volonté par un effort de communication et de promotion en direction de la cible tout en présentant une offre qui soit compétitive par rapport aux pays concurrents.

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