Tourisme : La demande domestique fait le lit de la croissance

Tourisme :  La demande domestique fait le lit  de la croissance

Le tourisme repart de l’avant. La plupart des marqueurs montrent que les activités «liées aux voyages et aux loisirs» sont en train de retrouver le chemin de la «croissance croissante». Une situation que des observateurs imputent à une conjoncture où éléments exogènes et endogènes se sont donné la main pour imprimer une nouvelle impulsion à la demande générale. Cependant, estiment de nombreux observateurs, il faut se garder de conclure «à la venue du printemps sur la présence d’une seule hirondelle».

Ils considèrent que dans l’ébauche actuelle de reprise du secteur touristique, il faut distinguer ce qui est potentiellement durable de ce qui ne l’est pas. Les analystes jugent en effet que si les conséquences du tassement de la demande adressée à certains pays arabes concurrents sont susceptibles de s’inscrire dans la durée, tel n’est pas le cas du caractère saisonnier de la domestique. Boostée par la réduction des temps de vacances par la survenue du mois de Ramadan en pleine période habituelle des congés, la demande des résidents a contribué à sauver la saison.

Dans la branche du balnéaire en effet, la plupart des villes qui ont été prises d’assaut dès la fête de l’Aïd ont été si grandement sollicitées que les hôtels y affichent complet sans discontinuer. Ainsi d’Agadir, capitale du balnéaire dont les 21.000 lits ne désemplissent pas. Ainsi également d’El Jadida, autre centre balnéaire de renom dont l’infrastructure peu développée offre à l’habitant l’opportunité de transformer en maison d’hôte la plus humble des masures et de la louer à la nuit à des tarifs qui n’ont rien à envier à des «4 étoiles». Mais, le mouvement est en train d’amorcer sa manœuvre d’atterrissage.

S’ils se frottent encore les mains de l’aubaine, les opérateurs sont conscients que cela ne durera pas longtemps. Passé le mois d’août, et au plus tard, la 1ère semaine de septembre écoulée, les choses se tasseront d’elles-mêmes. Mais elles auront établi entre-temps que le tourisme intérieur est une donne essentielle dans le jeu des activités du voyage et des loisirs. Car ce genre de tourisme n’est souvent compté que comme un pis aller par les décideurs et les opérateurs. 

Au rebours de ce qu’enseigne l’expérience de grand pays touristique comme la France, le Maroc considère la demande domestique comme un agrégat de seconde zone. De fait, et bien que cette demande ait permis à l’hôtellerie et à la restauration de sauver les meubles en différentes occasions de crise, les opérateurs ne lui consacrent que très rarement des prestations spécifiques. Jugeant que le caractère familial de cette demande n’est pas économiquement rentable, ils l’évacuent sur les résidences, un type d’établissement qui fournit des prestations en moins grand nombre et en moindre qualité.

Pourtant rien ne permet de tabler sur le bon comportement de la demande extérieure auquel on assiste actuellement du fait des événements d’Egypte et de Tunisie. Bien que le ministère s’en défende, le Maroc a profité du déplacement de la demande européenne adressée auparavant à ces pays. Lahcen Haddad estime que l’offre marocaine ne se situe pas dans la catégorie de gamme moyenne qui intéresse la clientèle «libérée» par les troubles que connaissent certains pays arabes. Ce n’est pas l’avis de l’organisation internationale du tourisme qui indique que le Maroc se situe désormais au 2ème rang des pays africains récepteurs – 9,4 millions de touristes- après avoir dépassé l’Union sud-africaine -9,2 millions.

L’organisation qui ne précise pas que le Maroc avait pour objectif de réaliser 10 millions de touristes en 2010 ne dit pas non plus quand le Royaume dépassera les 11,2 millions qu’accueillaient annuellement l’Egypte. Mais l’Office marocain national du tourisme (ONMT) a répondu indirectement à la question quand il a annoncé que la progression moyenne des activités touristiques est de 3% l’an et que l’essentiel des visiteurs du pays vient d’Europe occidentale.

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