Tourisme : «La destination Tanger a un bel avenir»

Tourisme : «La destination Tanger a un bel avenir»

ALM : Quelle appréciation faites-vous de l’activité touristique dans la région de Tanger-Tétouan ?
Mohamed El Hitmi : Nous estimons que les efforts qui ont été entrepris ces dernières années aussi bien par les pouvoirs publics que par les professionnels ont commencé à donner leurs fruits. Le taux d’occupation moyen est passé de 25% aux environs de 50%. Le tourisme dans le Nord en général et dans la ville de Tanger en particulier a toujours été marqué par une forte saisonnalité. Mais bien de choses ont changé.
La région connaît plusieurs activités économiques, industrielles et culturelles et les établissements hôteliers sont de plus en plus fréquentés même pendant les saisons basses.
Tanger est un grand chantier. Plusieurs projets ont été concrétisés ou en cours de réalisation comme la Zone franche de Tanger (TFZ), le grand projet de Tanger Med, Ghandouri, Tanger City Center, le projet royal resort, etc… Elle connaît aussi une affluence des investisseurs, qui se montrent de plus en plus confiants quant aux perspectives de la ville de détroit. 

En tant que professionnel du secteur, quelles sont réellement vos attentes ?
Nos attentes sont multiples, mais il faut penser à doter la ville d’une véritable infrastructure. Nous ne pouvons pas faire une vraie promotion du tourisme de la région tant que les capacités hôtelières sont insuffisantes.
Il faut un renforcement du nombre de lits et la création d’un palais de congrès et d’un autre réservé aux expositions.
Les villes touristiques connaissent un nombre important de foires. C’est un autre moyen de développer ce secteur et toute l’économie de la ville.

Et qu’en est-il pour le projet de la Plaza de Toros de Tanger ?
C’est un projet dont on parle depuis plus de trente ans. L’aménagement de la Plaza de Toros en un lieu d’expositions exige beaucoup de dépenses, surtout que l’état de cet établissement laisse à désirer. En plus, plusieurs constructions ont vu le jour autour de la Plaza de Toros, ce qui handicape également la réalisation de ce projet.
 On ne peut pas non plus réaliser un espace pour la tenue de grandes foires internationales sans l’aménagement d’un parking pour le stationnement des voitures.

Pensez-vous que le niveau actuel de la promotion de Tanger-Tétouan est suffisant pour relancer l’activité dans la région et la hisser au niveau des autres destinations-phares du Royau-me ?
Dans le cas de la région de Tanger-Tétouan, le problème ne se situe pas au niveau de la demande mais au niveau de la faible capacité hôtelière. La région ne compte que six mille à sept mille lits, alors que pour une destination soit vendable par les tours opérateurs, elle doit disposer d’une capacité se situant entre quinze mille et vingt mille lits. Jusqu’à présent, la promotion de la région a été menée d’une manière ponctuelle et selon les moyens. Nous attendons l’aboutissement de plusieurs projets qui concourent au développement du secteur touristique pour passer à la vitesse supérieure.  L’Office national marocain du tourisme ONMT est disposé à nous accompagner dans nos démarches promotionnelles une fois la mise à niveau du produit touristique achevée. Entre-temps, le CRT Tanger-Tétouan a quand même réalisé des supports publicitaires destinés à la promotion de la région à travers un guide touristique, un  manuel destiné aux professionnels, un CD-Rom comportant des données sur le tourisme dans cette région et un  site web qui verra le jour dans une dizaine de jours. Tous ces supports ont été réalisés en trois langues : français, espagnol, anglais. Nous avons participé à des salons au niveau international pour présenter le produit touristique de la région. Le CRT de Tanger-Tétouan vient de participer, dernièrement, à la Foire internationale du tourisme de Madrid Fitur 2007, où le stand de Tanger-Tétouan a été présent pour faire la promotion de la candidature de Tanger pour abriter l’exposition universelle de 2012. 

Tanger et sa région attirent de plus en plus de grands projets touristiques. Est-ce que cela est de nature à relancer la destination ?
Tanger est en train de connaître le même parcours qu’a connu Marrakech, il y a vingt ans. La ville ocre a vu, en ces temps-là, la création du Palais du congrès et la tenue de la réunion du GATT, devenu, depuis lors, Organisation mondiale du tourisme (OMT). La cité du détroit est en train de se préparer pour accueillir l’Exposition 2012, qui sera un tremplin pour Tanger en particulier et pour la région en général. Ce qui nous incite à créer un palais des congrès. Nous disposons de beaucoup d’atouts dont notamment une position géographique stratégique (nous sommes à 14 km de l’autre de la rive de la Méditerranée). La région sera également bien desservie puisqu’elle disposera d’un deuxième port : le futur port Tanger Med. Les tours opérateurs s’intéressent de plus en plus au Nord (Tanger, Tétouan, Chefchaouen, Ouezzane, Fès, Meknès, Rabat, Larache et Asilah), puisqu’ils sont à la recherche de nouveaux produits touristiques pour satisfaire une demande croissante. Les investisseurs se montrent de plus en plus confiants et misent sur cette région. Des chantiers des grands projets sont en cours de réalisation.

Les élections des membres du bureau du CRT de Tanger-Tétouan sont pour bientôt. Comptez-vous briguer un nouveau mandat ?
Avec les grandes réalisations que connaît la ville de Tanger, le CRT est arrivé à une phase où il doit changer son fusil d’épaule, qu’il soit doté de moyens financiers, matériels et humains adéquats et redoubler d’efforts pour atteindre l’objectif 2010 visant dix millions de touristes, tout en se mobilisant pour gagner le pari de l’exposition 2012 à Tanger.

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