Tourisme : Malaise à la Fédération

Tourisme : Malaise à la Fédération

Une tempête dans un verre d’eau ou une guerre de clans qui ne dit pas son nom ? La Fédération nationale  du tourisme traverse actuellement une zone de turbulence à cause du mode d’externalisation à mettre en place. Après le «retrait provisoire» au sein de cette instance de la Fédération de l’industrie hôtelière, notifiée par communiqué le 20 fèvrier 2007, c’est autour de l’Association des agences de voyages de Casablanca d’opter pour le gel de ses activités. Interrogé, Jalil B. Taarji, qui préside actuellement la Fédération du tourisme a été docte : «je ne fais pas de commentaires», a répondu le manager de la chaîne Tikida Hôtel. De plus, s’il confirme bien le «retrait provisoire» et non «la démission» de la FNIH, M. Taarji dit n’avoir aucune connaissance du retrait de l’Association des agences de voyages de Casablanca. Celle-ci a emboîté le pas aux hôteliers, il y a une dizaine de jours. Président de l’AVC, Othman Chérif Alami est explicite : «nous nous sommes retirés effectivement. C’est une manière élégante de remettre le dossier au président de la CGEM, Moulay Hafid Elalamy. Pour nous, le dossier de l’externalisation est aujourd’hui plus que jamais nécessaire, sur la base des statuts discutés par la commission de restructuration. En aucun cas, des status prônant à terme la dissolution programmée des Fédérations de métier ne sauraient être soutenus par les professionnels». 
A noter que  c’est le schéma  préconisant  le regroupement de l’ensemble des Fédérations de métiers actuelles en une seule Fédération qui est décrié par les associations et fédérations de métiers. Cette option défendue par bon nombre d’acteurs de la place est considérée par les hôteliers et les voyagistes comme une tentative de les noyauter dans un organe où ils ne pourront plus donner leurs avis.
Tel n’est pas l’avis de Fouzi Zemrani, franchement agacé par ces querelles contre-productives : «nous devons prendre de la hauteur et travailler de l’intérieur non de l’extérieur. Notre énergie en tant que professionnels doit être consacrée à la réalisation de la vision 2010». Une injonction qui ressemble fort à un prêche dans le désert à l’heure où quelques conseils régionaux de tourisme envisagent de suivre le pas aux associations régionales de l’industrie hôtellière. «Le problème est simple : nous ne voulons pas que des gens qui ne font pas partie du métier viennent nous dicter leurs lois pour des intérêts souvent personnels», explique Abdelatif Kabbaj, président du conseil régional du tourisme de Marrakech. Et de rejeter l’idée d’une démission: «Tout cela est ridicule. nous devons être sereins et engager des discussions sérieuses. D’ailleurs, les statuts sont en phase de révision». Même ton de conciliation adopté par Said Mouhid, le directeur du conseil régional du tourisme de Casablanca : «notre position est claire. On souhaiterait que les uns et les autres engagent un dialogue constructif. Aujourd’hui, les chantiers du tourisme sont trop importants vu l’importance de l’investissement, le facteur étranger. Il faut discuter, ressouder les rangs. Il en va de la crédibilité du secteur. Il n’y a aucun sujet qui ne justifie pas que l’on ne se mette pas autour d’une table». Et d’ajouter : «aujourd’hui, nous sommes sortis du folklorique, l’accompagnement du tourisme par les professionnels doit être de haute facture». 

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