Tourisme : «Marrakech devient trop chère»

Tourisme : «Marrakech devient trop chère»

ALM : Monsieur le maire, comment se porte la destination Marrakech ?
Omar Jazouli : Je dirais globalement que les activités économiques se portent bien. Les hôtels sont pleins. Mais la plupart des acteurs économiques ne respectent aucune éthique en matière de prix. Nous assistons à une véritable course à la surenchère. Une inflation grave qui ne dit pas son nom.

Quels sont les secteurs les plus concernés par ces hausses ?
J’ai remarqué que beaucoup de restaurants ont augmenté considérablement leurs prix. Il est anormal que certains établissements moyens facturent une salade, deux dorades et un café à 850 dirhams. Je l’ai vu dans «L’Hivernage».
D’ailleurs, l’établissement en question n’est pas le seul. Presque tous les restaurants dits marocains vendent le “couvert“ entre 800 et 1200 dirhams. Vous pouvez d’ailleurs le constater facilement en tapant à la porte de n’importe lequel de ces établissements. Une même tendance est observée chez les cafés avec, toujours dans «L’Hivernage», un cappuccino à 35 dirhams. L’on m’a signalé qu’à «Guéliz», le poisson se vend en euro. A Jamaâ El Fna, des restaurateurs suivent la tendance.
Les hôtels ne sont pas du reste. Si les touristes européens paient en général 500 euros pour la semaine en demi-pension, les Marocains sont obligés de débourser jusqu’à 2. 200 dirhams par nuit, sans aucune garantie quant à la qualité des prestations.

Pourquoi une telle flambée des prix à votre avis ?
Je pense que c’est le revers du succès touristique. L’arrivée massive d’étrangers nantis  dans la médina et certains endroits de Guéliz a poussé les commerçants, les restaurants et tous les prestataires de services à augmenter, du jour au lendemain,  leurs prix. Si cela continue, nous allons tuer la poule aux oeufs d’or. D’ailleurs, de nombreux touristes commencent à se plaindre de certaines pratiques. Marrakech est aujourd’hui aussi chère que Paris, en termes de restauration et d’hébergement. On peut avoir un petit appartement bon standing du côté de Marbella à 110 euros. Pourquoi pas ici ?

Que faites-vous en tant que maire pour contrer cette inflation ?
Nous avons, à plusieurs reprises, informé les autorités. D’ailleurs, le wali a pris certaines initiatives qui doivent être soutenues et il y a plusieurs autres mesures en gestation.
Nous avons besoin d’une action énergique de sensibilisation. Les commerçants doivent savoir que, dans leur intérêt et dans celui de tous les habitants de cette ville, il vaut mieux gagner peu dans le cadre d’un développement durable que gagner beaucoup au détriment de sa ville et de son cadre de vie. Par ailleurs, il est inadmissible que certains petits taxis refusent de faire fonctionner leur compteur conformément aux dispositions légales. De même, il est inacceptable, qu’à la sortie de l’aéroport, un citoyen marocain n’arrive pas à trouver de moyens de transport, pour la simple raison que les taxis préfèrent embarquer des étrangers auxquels ils font payer le triple du prix de la course. Pour pérenniser le développement touristique de la ville, il est urgent d’initier un débat. Autrement, la ville perdrait son attractivité au fil des jours.

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