Tourisme : ONMT : polémique autour du budget

Tourisme : ONMT : polémique autour du budget

Suivant quels critères la manne est-elle répartie par l’ONMT ?  Telle qu’elle se présente aujourd’hui, la régionalisation des budgets promotionnels accorderait la part belle à certaines destinations, dont Marrakech, 5,3 millions de nuitées, normal après tout, Agadir et ses 4,5  millions de nuitées, puis Casablanca qui réalise à peine plus de 1 millions de nuitées.
Mais quid des autres villes, Fès, Rabat, Tanger, Ouarzazate, etc ?
Un communiqué de presse de l’ONMT,  qui a eu lieu la semaine dernière, informait de l’octroi d’un budget de 700 000 DH pour le CRT de Rabat pour 2006. Nous savons par ailleurs que le CRT de Tanger ne bénéficie guère que plus de 1,5 millions de dirhams pour ce qui est de sa promotion directe, hors festivals, etc.
Fès pour sa part semble beaucoup mieux servie avec plus de 4 millions de dirhams, sans compter les campagnes de promotion menées par l’ONMT sur les marchés européens dont près de 1 million d’euros sur le seul marché Espagnol. «Tant mieux pour Fès», disent certains patrons de CRT, mais pourquoi de telles amplitudes de paliers?
En 2005, Tanger a réalisé 721 000 nuitées soit 45 000 nuitées de mieux que Fès qui, elle, a clôturé avec 675 700 nuitées. Et pourtant, le budget alloué à Fès est gargantuesque par rapport à celui de Tanger.
Rabat, dernière-née des CRT a terminé 2005 avec tout de même 551 000 nuitées, soit à peine 18% de moins que Fès. Son budget ONMT est de 700.000 dirhams seulement. Joint par téléphone à ce sujet, Samir Kheldouni Sahraoui, président du CRT Rabat, a dit préférer «réserver ses commentaires sur le sujet pour le moment…». La régionalisation de la politique touristique, issue de la Vision 2010, aura donc eu ceci de bon de permettre d’observer en temps réel le comportement de chaque destination marocaine et d’apprécier en même temps les budgets que chaque région est en droit de se voir octroyer. Aujourd’hui déclare Samir Sahraoui, l’observation des performances de nos destinations, c’est un peu comme l’observation d’une course cycliste à partir d’un hélico. Nous avons notre Amstrong national, c’est Marrakech, qui se détache nettement du lot, avec derrière, à près d’un million de nuitées, Agadir, et en bon troisième, mais assez loin du binôme de tête, Casablanca. Elle est immédiatement suivie d’un peloton serré formé de Tanger, Fès, Rabat et Ouarzazate, qui luttent au coude-à-coude.
Elles fournissent autant d’énergie et méritent donc la même attention et les mêmes soins, sachant que certains d’entre elles sont carrément des outsiders. C’est le cas de Rabat qui, martèle Samir Sahraoui, n’a absolument pas fait l’objet de planification par les auteurs du Contrat-Programme Vision 2010, et qui se place quant même dans la course.
Pour justifier ce déséquilibre apparent au niveau des budgets,  la tutelle semble expliquer que la  répartition du budget se fait suivant un mix entre la capacité d’hébergement, la durée moyenne de séjour et le taux d’occupation de la région. Un montage complexe, mais qui n’explique pas tout puisque, selon notre consultation des statistiques officielles, Fès cumule 6 180 lits, mais avec un taux d’occupation de 36% seulement, contre 51% pour Rabat et 50% pour Casablanca, le must revenant là aussi aux deux locomotives que sont Marrakech (68% de taux d’occupation) et Agadir (58%). 
 Ces CRT aux budgets les plus modestes attendent aujourd’hui avec beaucoup d’espoir l’aboutissement de l’accord qu’ils ont ardemment peaufiné, devant être conclu entre les CRT et la direction générale des collectivités locales, et en vertu duquel les CRT devraient se voir attribuer un budget de fonctionnement de 1,5 million de dirhams pour les petites et moyennes destinations et de 3 millions de dirhams pour les grandes destinations que sont Agadir, Marrakech et Fès.

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