Tous les chemins mènent à Jamaâ Lafna

Des siècles durant, la Place Jamaâ Lafna a constitué un véritable pôle d’attraction. On raconte que les caravanes qui sillonnaient le Maroc de long en large s’y croisaient, le temps de procéder à quelques trocs et reprendre la route.
Au fil des printemps, Jamaâ Lafna s’est taillée une réputation à la mesure de la magie qu’elle dégage. Plus qu’une simple place, c’est une véritable légende faite de sons, de lumières et de senteurs. Dans de nombreuses contrées, elle fait office de référence à Marrakech, voire au Maroc. À elle seule, elle constitue un pilier imposant dans la destination « Marrakech ». Étant donné que la Cité Ocre enregistre le plus grand nombre d’arrivées touristiques de tout le pays, l’écho de la Place Jamaâ Lafna raisonne à mille lieux du Royaume. Et comme à l’époque où elle était convoitée par les méharistes, elle se retrouve, une fois de plus, à la croisée des chemins.
En effet, la célèbre place s’est, tout récemment, transformée en un gigantesque chantier où s’affairent des ouvriers de touts poils. Une bonne partie de cet énorme espace a déjà été carrelée, à partir du fond de la place, où se situe la Mosquée Kharbouch. Les travaux de revêtement du sol, avec du carrelage beige et rouge, devraient donner un autre aspect aux lieux.
Ces travaux ne sont que la suite logique des immenses transformations, entamées par le blocage de l’accès à la place aux véhicules, au niveau du club Med, en face de la Koutoubia, transformée en zone piétonne. Une interdiction qui a fait bien des mécontents, dont la majorité de la population de Marrakech, mais principalement parmi les gens habitant la médina limitrophe à la place.
Ceux-ci déplorent que leurs déplacements eussent été étranglés. En cas d’urgence, ils doivent se farcir de très longues distances avant d’accéder à un quelconque moyen de transport. Idem pour les touristes qui, en cas de malaise, doivent bien se dégourdir les jambes avant d’avoir accès aux transports.
D’autant plus que l’accès des véhicules à la place, laissé libre durant la matinée par le biais d’une autre artère, devient illicite en début d’après-midi. Heure où la place atteint son zénith en nombre de visiteurs. Il faut également souligner que la circulation aux alentours de la place en a pris un coup sévère. Les embouteillages sont plus fréquents et plus denses.
Par ailleurs, d’autres transformations, plus heureuses, sont en état de projet. Les innombrables gargotes mobiles, qui font le plaisir aussi bien des autochtones que des touristes, bénéficieront d’eau courante et d’électricité. Un projet, dont les jalons ont été jetés, prévoit de ravitailler ces mini-restaurants de ces deux denrées rares sur la place.
Aussi, les petits chars ceinturant la place dans son ancienne version, servant du jus d’orange à longueur de journée, feraient l’objet d’un projet plus esthétique. Ceux-ci seraient destinés à être remplacés par d’autres, en forme de calèches, semblables à celles qui contribuent au charme de la ville.
L’on sent qu’il a y de la bonne volonté dans tout ce qui se trame. Ceci n’empêche pas pour autant que, parfois, on prend des décisions dans la hâte et l’on précipite leur application, sans mettre à contribution le fameux dicton marocain, qui stipule qu’il est préférable de réfléchir mille et une fois que de porter un coup de ciseaux… fatal.

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