Transition énergétique : Le Maroc sur la bonne voie

Transition énergétique : Le Maroc sur  la bonne voie

Entretien avec Rachid Idrissi Kaitouni, président de la Fédération de l’énergie

La Fédération de l’énergie a organisé, mercredi 17 octobre, à Casablanca une rencontre dédiée aux perspectives énergétiques en Méditerranée. Une occasion pour l’Observatoire méditerranéen pour l’énergie (OME) de présenter sa dernière publication qui fournit en effet une analyse approfondie du secteur dans la région méditerranéenne avec un aperçu complet de son évolution passée, de la situation présente ainsi qu’une perspective à l’horizon 2040. Deux scénarios (de référence et proactif) ont été établis dans ce sens dressant ainsi un portrait préoccupant du futur énergétique de la Méditerranée. Pour le Maroc, l’OME indique que la demande doublerait dans le scénario de référence alors qu’elle baisserait d’un quart dans le scénario proactif par rapport au premier scénario. La production électrique triplerait dans le scénario de référence avec 26 % de la production provenant des renouvelables contre 44 % dans le proactif. L‘Observatoire estime par ailleurs que la part des renouvelables restera la plus élevée dans le secteur électrique (44 %) mais pourrait atteindre quasi 20 % de la demande totale énergétique en 2040. Et d’ajouter que la consommation finale des renouvelables pourrait doubler mais leur part restera faible eu égard au potentiel et en termes de part. S’agissant des investissements cumulés, ils atteindraient au Maroc 113 milliards d’euros d’ici 2040 dans le scénario de référence contre 125 milliards dans le proactif.

ALM : La Fédération de l’énergie a débattu récemment des perspectives du secteur en Méditerranée. Dans quel cadre s’inscrit cette rencontre ?

Rachid Idrissi Kaitouni : La Fédération a toujours œuvré pour organiser des workshops et des conférences autour de l’énergie. C’est notre vocation. La rencontre d’aujourd’hui a été une occasion pour nous de découvrir la dernière publication de l’observatoire méditerranéen de l’énergie (OME) de l’Union pour la Méditerranée (UpM). L’observatoire a établi, cette année, une prospective sur l’énergie autour de la Méditerranée avec deux scénarios, à savoir un scénario de référence et un autre proactif. C’est une étude intéressante dans la mesure où elle nous permet d’évaluer d’ici 2040 l’évolution de la demande en énergie et les investissements dans le secteur.

Quelles sont les principales conclusions tirées de cette rencontre ?

Nous concluons qu’il y aura, certes, une augmentation de la demande en énergie que cela soit sur le scénario de référence ou sur le scénario proactif où la demande est encore beaucoup plus accentuée.

Ceci est valable aussi bien pour la Méditerranée que pour le Maroc où la demande de l’énergie va augmenter avec néanmoins une différence sur les émissions du gaz à effet de serre qui peuvent être réduites si nous prenons les bonnes décisions, à savoir les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. On voit bien qu’au niveau des deux scénarios il y a une différence si nous adoptons les bonnes pratiques.

Comment évaluez-vous la transition énergétique opérée par le Maroc ?

Le Maroc est sur la bonne voie puisque nous avons une augmentation des énergies renouvelables. Vous savez qu’en 2030, 52 % de la demande en énergie électrique au Maroc sera satisfaite pour les énergies renouvelables.

Chose qui pourrait bien sûr contribuer à la diminution des gaz à effet de serre.

Quels sont les projets à venir de la fédération ?

A travers notre feuille de route, nous ambitionnons d’être l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, des investisseurs et des entreprises déjà installées. Nous œuvrons par ailleurs à créer un lieu de rencontre et de débat sur ce qui se passe au niveau énergétique que cela soit au Maroc ou au niveau mondial.

D’ailleurs, nous organiserons le 19 novembre à Skhirat la 14ème conférence de l’énergie.

Cette rencontre portera sur la transition énergétique et la position géostratégique à l’horizon 2050 avec bien sûr la participation de l’Union pour la Méditerranée et l’institut de recherche royal qui va aussi être de la partie.

Le Portugal sera l’invité d’honneur de cet événement, une occasion pour découvrir ce qui se passe au niveau de ce pays en matière d’énergie.

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