Transition énergétique : Le plaidoyer d Abdelkader Aâmara

Transition énergétique : Le plaidoyer d Abdelkader Aâmara

Le paysage énergétique n’est pas à l’abri de l’incertitude qui menace la vie technologique et financière. Bien que le scénario soit brouillé par quelques appréhensions, la flexibilité est de mise. C’est ce qu’a plaidé Abdelkader Aâmara, ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, lors d’une conférence-débat organisée, mercredi, par la Fédération de l’énergie et la Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM). La transition énergétique a été au cœur de l’intervention du Ministre qui a confié que cette dernière est perçue non seulement en tant qu’opportunité mais également comme ambition.

«Nous menons notre transition énergétique malgré les contraintes et parfois, disons-le, les entraves que nous pouvons rencontrer. Quel que soit le scénario à long terme, nous devrons à court terme prendre les décisions qui évitent de fermer prématurément des options alternatives qui pourraient ultérieurement se révéler indispensables», souligne M. Aâmara dans son allocution. Conscient des enjeux que présente le développement de ce secteur, le Maroc s’est engagé dans une vision claire afin de mener à bien cette transition. Les objectifs tracés dans ce sens se basent sur six piliers.

Il s’agit donc d’assurer la sécurité d’approvisionnement, de généraliser l’accès à l’énergie à des prix optimisés, mobiliser les ressources énergétiques nationales, promouvoir l’efficacité énergétique, appliquer en amont les dispositifs de préservation de l’environnement ainsi que d’intégrer le Maroc dans le système énergétique régional. En effet, les besoins s’avèrent croissants dans un pays qui ne dispose guère de ressources fossiles et dont l’énergie primaire a augmenté en moyenne de près de 5% pendant les dernières années. La consommation électrique ne cesse également de croître affichant une augmentation en moyenne de 6,5 % par an. Les prévisions chiffrées tablent dans ce sens sur le triplement de la demande en énergie primaire et le quadruplement de la demande électrique à l’horizon 2030.

«Le Maroc doit trouver, par conséquent, des réponses adaptées pour répondre à ses besoins en énergie qui augmentent. Aussi notre mix énergétique doit être conçu avec réalisme, bon sens, innovation et compétitivité. La solution n’est pas unique, et toutes les énergies devront trouver leur place dans ce mix, sans toutefois que celui-ci soit rigide et figé», explique le ministre. Le Maroc a, au fil des ans, dévoilé plusieurs chantiers de réformes. D’autres sont en cours d’élaboration.

A court terme, une feuille de route sur le gaz sera bientôt dévoilée visant à mettre en place des infrastructures nécessaires pour le développement de l’utilisation du gaz naturel liquéfié. Le Maroc renforce par ailleurs la recherche-développement dans le domaine de l’énergie. Le ministre a confié dans ce sens que «ce volet gagnera progressivement en maturité dans les universités, les instituts de recherche et certaines agences en vue de donner une impulsion ciblée à la recherche, au développement et à l’innovation technologique».

Par ailleurs, le Maroc s’apprête à lancer deux chantiers importants. «C’est deux chantiers donneront, sans conteste, une impulsion aux PMI-PME intéressées par le développement au Maroc de projets de petites et moyennes capacités en PV», relève-t-on de M. Aâmara. Ils permettront, en conséquence, d’ouvrir la concurrence de la production de l’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables pour les clients Très Haute Tension (THT) et Haute Tension (HT) et le libre accès au réseau de transport et aux interconnexions.

Le ministère a donc lancé incessamment une étude relative à la définition des conditions et des modalités de l’ouverture du marché électrique de sources renouvelables de la moyenne tension à la concurrence et de l’accès au réseau électrique moyenne tension. Cette étude qui sera bouclée en mai 2014 permettra la proposition d’une feuille de route pour la mise en œuvre de cette ouverture. Le second chantier porte, pour sa part, sur la mise en place des bases juridiques et réglementaires pour l’utilisation à grande échelle du photovoltaïque connecté au réseau Basse Tension. Notons que les perspectives du secteur ont un grand impact à la fois économique et social. La transition énergétique offrira à l’horizon 2020 près de 13.300 emplois dans le secteur des énergies renouvelables et 36.800 dans l’efficacité énergétique.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *