Transport : General Motors entre perte et espoir d’alliance

Le constructeur automobile américain GM a accusé une lourde perte au deuxième trimestre, répercussion de sa restructuration, mais a enthousiasmé la communauté financière par ses progrès, sur fond d’examen en cours d’une alliance avec le franco-japonais Renault-Nissan.
General Motors  a fait état mercredi d’une perte nette de 3,2 milliards de dollars, qui fait suite à un bénéfice de 445 millions au premier trimestre et à une perte nette historique de 10,6 milliards en 2005. Cette nouvelle perte est imputable à une provision de 4,3 milliards pour la restructuration des activités de GM en Amérique du Nord, mais les résultats du groupe, du chiffre d’affaires jusqu’au bénéfice hors éléments exceptionnels, ont été largement supérieurs aux attentes du marché.
Hors exceptionnels, GM affiche un bénéfice de 1,2 milliard ou 2,03 dollars par action, là où les analystes tablaient sur 52 cents. Le chiffre d’affaires est en hausse de 12,3% à 54,39 milliards, contre 42,59 milliards envisagés par le marché. A la Bourse de New York, l’action GM prenait 4,47% à 32,03 dollars vers 16h00 GMT. Plusieurs analystes soulignaient "la bonne surprise GM", car le groupe a aussi relevé son objectif de rythme annuel d’économies en Amérique du Nord, de 8 à 9 milliards de dollars. "Ces résultats sont le fruit des efforts entrepris par GM depuis plusieurs mois", soulignait Rebecca Lindland, de Global Insight, évoquant "les réductions de coûts en interne". "Ces bonnes nouvelles du côté des économies viennent du succès du plan de départs anticipés", a expliqué le directeur financier Fritz Henderson lors d’une conférence téléphonique.
Lancé en mars dernier, conjointement avec l’ex-filiale de GM, l’équipementier auto Delphi –qui cherche à réduire ses coûts salariaux pour sortir de la faillite–, ce programme a eu un succès au-delà des attentes du constructeur: 34.400 personnes y ont souscrit, alors que GM visait initialement la suppression de 30.000 emplois d’ici 2008 via sa restructuration initiée à l’automne 2005. «Un fort pourcentage de ces employés va nous quitter d’ici la fin de l’année», a annoncé le directeur financier.
Selon lui, les progrès de la restructuration sont aussi notables du côté de la production, avec "une amélioration en termes de volumes, de combinaison produit et de prix". Le groupe a amélioré le revenu par véhicule produit de 500 dollars par rapport à juin 2005. Cet avis ne fait pas l’unanimité chez les analystes. Certains d’entre eux soulignaient que GM n’a pas encore réglé la question de produire des véhicules mieux adaptés à la demande des Américains.
GM perd des parts sur son marché national depuis plusieurs trimestres car il n’a pas su anticiper l’évolution de la demande, qui a délaissé progressivement les 4×4, gourmands en carburant, pour des modèles plus économiques, où les constructeurs japonais sont très présents. En juin, les ventes de voitures neuves de GM aux Etats-Unis ont ainsi reculé de 26% sur un an, après plusieurs mois consécutifs de baisse.
Toutefois, l’optimisme domine dans la communauté financière à l’idée d’un possible mariage à trois entre GM-Renault-Nissan, et des bienfaits potentiels pour le constructeur américain en termes de partage de coûts de production ou de répartition des marchés. GM a accepté il y a 10 jours d’étudier la faisabilité de ce projet, proposé initialement par un investisseur trublion du groupe, le milliardaire Kirk Kerkorian (9,9% du capital).

• Amandine Ambregni  (AFP)

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