Traverser le détroit coûte plus cher

Traverser le détroit coûte plus cher

Première surprise cette année pour les MRE faisant la traversée du détroit. Le pool des armateurs marocains et espagnols, desservant les liaisons entre les deux pays, a revisé ses tarifs  à la hausse. Ce qui n’est pas arrivé durant les trois dernières années.
 Le ticket individuel est passé de 23 à 29 euros (environ 300 dirhams). Pourquoi cette hausse de l’ordre de 25% ?
Chez les opérateurs, les explications sont claires. Le prix du fuel, qui, comme tout produit pétrolier, est en hausse cette année (la tonne est à 580 dollars), n’est pas vraisemblablement la raison principale. L’augmentation des prix a pour origine l’Office d’exploitation des ports. L’ODEP a en effet augmenté de 5% les droits de ports pour compenser les investissements consentis dans le cadre du code ISPS. «Une hérésie, souligne un armateur, faisant remarquer que les bateaux en question ne sont pas concernés par le programme de l’ODEP. «Nous avons soulevé l’anomalie durant le dernier conseil d’administration de l’ODEP. Sans résultats», déclare Mohamed Karia, président de l’IMTC.
Dans les parages de la direction générale de la Comanav, on indique aussi sobrement que  «les usagers ont été appelés à la rescousse pour compenser une partie des pertes dues aux investissements colossaux réalisés par l’ODEP». 
L’augmentation générale des droits portuaires au Maroc s’accompagne d’une baisse de ces mêmes droits au niveau de Sebta. Ce qui paradoxalement n’a pas eu pour effet un report de trafic au détriment de Tanger, point de passage préfèré des MRE, selon les armateurs.  Autres mesures ayant influé sur les tarifs, l’augmentation de la taxe de sûreté sur les voitures, les passagers et les marchandises. Cette décision est valable aussi bien au Maroc qu’en Espagne.
En tout cas, en l’absence d’une véritable concurrence, le passager n’a pas le choix. Le prix est le même partout. Seul avantage de cette exploitation en commun, l’interchangeabilité des billets. Côté rapidité, les choses s’améliorent.
Par le passé, la traversée Tanger-Algésiras durait environ 2 h 45. Depuis quelques années, les fast Ferries ont envahi le décors. Avec ces navires ultra-rapides, la durée du trajet est ramenée à 1h 30. Ce nouveau créneau reste la chasse gardée des Espagnols. Sur les quatre fast ferries en activité, un seul bat pavillon marocain….avec un commandant turque. La marine marchande n’aurait pas accédé à la demande des armateurs marocains, au nom de l’équilibre qui doit être préservé entre opérateurs espagnols et marocains. L’avantage du fast ferry réside aussi au niveau du prix, légèrement moins élevé qu’avec les navires traditionnels. «Normal, explique un armateur, les bateaux modernes sont remplis dans les deux sens. Les tickets aller-retour sont vendus avec des décotes de 10% ». Ce qui n’est pas le cas pour les navires traditionnels, souvent pleins dans un seul sens.
Pourquoi donc la marine marchande refuse aux armateurs marocains d’opérer avec le nouveau mode de transport ? «Ne soyons pas amnésique, répond une source proche de cette institution : les fast ferries ont été introduits pour faire la liaison Tanger-Tarifa». Cependant, le port espagnol, sous-équipé, ayant du mal à faire face au rush d’été, n’est pas accepté comme une plate-forme Shengen. D’où le report de l’activité des fast ferries sur la liaison entre Tanger et Algésiras.
Malgré leur rapidité, ces bateaux sont techniquement limités. «Ils ne prennent pas  beaucoup de voitures. A peine 70 véhicules sur un total de 200 passagers», déclare un armateur convaincu que le navire traditionnel reste le meilleur moyen pour un transport combiné passagers-automobiles. Pour faciliter la traversée, douze assistants de la Fondation Mohammed V opèrent depuis le port espagnol d’Algésiras, apportant appui et assistance aux MRE. Pour le moment, de l’avis des armateurs contactés, le trafic est assez fluide. A la mi-juillet, le cap des 400 000 passagers transitaires aurait déjà été dépassé.

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