Tremblement de terre : les Haïtiens appellent à l’aide

Les habitants de Port-au-Prince ont vécu une deuxième nuit d’effroi, entre cadavres et décombres, après le séisme de mardi qui pourrait avoir fait plus de 100.000 morts en Haïti, en attendant l’aide de première urgence dont ils manquent cruellement. Plusieurs dizaines de milliers d’Haïtiens ont passé la nuit de mercredi à jeudi à la belle étoile rassemblés sur le Champ de Mars, une célèbre avenue de Port-au-Prince transformée en gigantesque camp de réfugiés. Ils ont perdu leurs maisons, leur vie passée, des membres de leur famille. «Ma maison s’est écroulée. Mes deux frères Patrick et Grégory sont morts et on n’a toujours pas trouvé leurs corps», confiait à l’AFP Francesca, une jeune fille de 14 ans. «Maintenant, on espère trouver une maison pour dormir. Il n’y a que le bon Dieu qui puisse nous aider». Face à eux, des bâtiments officiels broyés par la violence de la secousse, dont le Palais présidentiel et des ministères, trahissent l’état d’impuissance dans lequel se trouvent les institutions haïtiennes. Plusieurs membres du gouvernement sont portés disparus et le président du Parlement, Kelly Bastien, se trouverait dans les décombres de l’Assemblée, a dit à l’AFP Jocelerme Privert, un ancien ministre. Le tremblement de terre a balayé nombres d’infrastructures clefs, dont des installations électriques, plongeant la ville de près de deux millions d’habitants dans l’obscurité et enfonçant le pays, le plus pauvre du continent américain, dans une misère encore plus aiguë. La secousse, de magnitude 7, la plus forte dans ce pays depuis plus de deux siècles, a laissé derrière elle d’innombrables cadavres qui jonchent les rues, faisant craindre un bilan humain terrifiant. Le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a dit mercredi redouter qu’il ne soit «bien au-dessus des 100.000» morts. Les corps retirés des décombres sont parfois alignés à même le sol, recouverts d’un drap et les survivants errent comme perdus dans les rues, tentant de dégager des blessés à mains nues. Plus de 24 heures après le tremblement de terre, les habitants de Port-au-Prince manquaient de tout. «Une des choses inquiétantes, c’est que certaines personnes meurent de froid, de déshydratation ou de blessures qui auraient pu être facilement soignées», a relevé l’ancien président américain Bill Clinton, envoyé spécial de l’ONU pour Haïti.

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