Triomphe de l’art contemporain en 2007

Soumis à la «folle» tendance des trois années précédentes, le marché mondial de l’art, toujours en forte hausse en 2007, a été marqué par le triomphe de l’art contemporain, selon le rapport annuel des marchés mondiaux Cyclope. «aFaute d’œuvres marquantes, 2007 a été surtout marquée par le triomphe de la peinture contemporaine et des artistes vivants, ceux-là mêmes qui faisaient encore il y a quelques années la «une» des foires de Bâle et de Miami», constate le rapport.
A périmètre constant, le chiffre d’affaires du marché des enchères, estimé par les experts de Cyclope à 15 milliards de dollars, a augmenté l’an dernier de 37% par rapport à 2006. En 2007, le record absolu a été réalisé par une toile de Rothko à 72,8 millions de dollars, suivie par un Warhol (71,7 millions) et un Bacon (52,7 millions).
Un crâne humain en platine de l’artiste britannique Damien Hirst, baptisé «for the love of God», a fait encore mieux avec une adjudication à 100 millions de dollars. Cette œuvre, vendue à un groupe d’investisseurs est, il est vrai, incrustée de 8.601 diamants. Même si début 2008, beaucoup d’observateurs estimaient déraisonnables les prix réalisés par l’art contemporain et anticipaient une correction consécutive à la crise des subprimes, le marché reste apparemment bien orienté, enregistrant encore des records. Le 14 mai dernier, un triptyque de l’irlandais Francis Bacon a atteint 86,2 millions de dollars à New York. Outre les Impressionnistes, seules deux toiles, l’une de Raphaël (37,2 millions de dollars) et l’autre de Rembrandt (23 millions), ont figuré au palmarès des 15 enchères record en 2007. Chinois et Russes ont été des acheteurs très actifs pour des objets d’art ou des toiles «memorabilia»: la collection du violoncelliste Rostropovitch a été «préemptée» par Alisher Ousmanov (propriétaire de Metalloinvest) pour 72 millions de dollars. Stanley Ho, milliardaire de Macao, a déboursé 8,9 millions de dollars pour une tête de cheval provenant du Palais d’été. Aux traditionnelles ventes d’art asiatique organisées à Londres et New York pour un montant total de près de 400 millions de dollars, sont venues s’ajouter l’an dernier les ventes réalisées à Hong Kong mais aussi à Pékin et Shanghaï, la Chine pesant, selon certaines estimations 20% du marché mondial de l’art contemporain. Nouveaux riches ayant fait fortune sur les marchés financiers mais aussi fonds d’investissement dédiés à l’art sont également prêts à ouvrir leur porte-monnaie pour des oeuvres de «qualité musée» qui se font rares. Le fonds britannique «Fine art fund» dispose de 250 millions de dollars pour faire tomber dans son escarcelle une de ces raretés. A noter que le mobilier du XVIIIe siècle et la faïence européenne perdent de leur attrait auprès des amateurs au profit de l’Art nouveau ou du mobilier des années 50. D’après les calculs réalisés pour la Tefaf (foire de Maastricht), le marché mondial de l’art (enchères, galeries et marchands) représentait 43,3 milliards d’euros en 2006 contre 27,6 milliards en 2002 (+95%), les Etats-Unis détenant 46% de ce marché, le Royaume-Uni 27%, la France 6,4% et la Chine 5%. François Pinault, propriétaire de Christie’s, s’impose comme la personne la plus puissante du marché mondial, suivie par l’Américain Larry Gagosian, plus grand marchand d’art contemporain, selon le Wall Street journal. Selon ce classement cité par Cyclope, Steve Cohen, patron de hedge fund (9e place), a dépensé plus de 800 millions de dollars pour le «fine art».


• Françoise Medgyesi (AFP)

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