Ultime marathon de Rhafes

Ultime marathon de Rhafes

Deux jours, suffisent-ils pour changer le monde…du moins celui de la pêche ? C’est en tout cas ce que le ministre chargé de ce département a essayé de faire. Sa visite, une première dans les deux villes de Dakhla et Laâyoun, entre dans ce cadre. Fleuron de cette activité il y a à peine quelques mois, spécialement en matière de céphalopodes, le poulpe s’entend, la région Oued Eddahab-Lagouira fait actuellement l’objet d’une véritable crise. Le stock en poulpe ne représente plus que 10% de la moyenne enregistrée depuis 10 ans. Entamée mardi 18 octobre, cette visite a tout d’une dernière carte que M. Rhafès tente de jouer pour débloquer cette situation qui pénalise tous les segments de ce secteur, a fortiori les unités de congélation. A l’ordre du jour, des visites au port de Dakhla, aussi grandiose qu’inutile, tant il est encore inutilisé, et à une unité de congélation située à la sortie du même port, où il n’y a presque rien à mettre au frigo. Mais il y a aussi, et surtout, des rencontres avec les dirigeants des unités de congélations. Se disant disposé au dialogue, le ministre a annoncé, mardi, des mesures d’urgence pour sortir de la crise des unités de congélation du poulpe à Dakhla. Ces mesures portent essentiellement sur l’octroi d’autorisations pour la pêche d’autres espèces et d’aides financières pour les unités abandonnant la pêche du poulpe. Les banques s’engagent, à leur tour, à mettre la main à la poche et contribuer aux efforts de financement de la mise en place des infrastructures de base permettant ce shift. Environ 35 des 90 unités de congélation de la région ont décidé de se convertir à la pêche de surface et dans les nouvelles pêcheries, à la base des solutions présentées. Il y est allé de même à Laâyoun, où les mêmes propositions ont été formulées. Sans plus de détails. Une réunion à Rabat est programmée le 2 décembre prochain avec les propriétaires des unités de congélation de Dakhla, une autre est prévue le même mois avec ceux de Laâyoun, province qui compte au moins 14 unités. Laâyoun où une visite au port a été organisée, et où des travaux d’aménagement et d’extension (2003-2004) pour une valeur de plus de 17 millions Dh sont en cours. L’impact de la rareté des ressources halieutiques, spécialement en poulpe, est criant. Les raisons sont multiples. Elles vont de la surexploitation des ressources au retard pris par le département de tutelle quant aux moyens et mesures à mettre en oeuvre pour organiser le secteur. Rationaliser et moderniser ce secteur et de développer la pêche d’autres espèces afin d’alléger la pression sur le stock du poulpe sont donc une nécessité. Le concours des autorités provinciales et locales est un préalable. On aura noté dans ce sens l’implication de Mohamed Tricha, wali de Dakhla qui s’active tant dans les désaccords entre professionnels et entre ces derniers et le ministère que dans les projets liés aux villages de pêche. Ayant pris fin sur des conclusions plutôt positives, ce voyage ministériel a également dévoilé combien est complexe la gestion d’un dossier comme la pêche, où la multitude des intérêts liés au « poisson » n’a d’égale que celle de ces acteurs.

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