Un début de semaine en forte baisse

Dans le sillage de la Bourse saoudienne, tombée samedi à son plus bas niveau depuis quatre ans, les marchés des monarchies du Golfe ont ouvert la semaine sur une forte baisse, dimanche, alors que pays industrialisés et émergents cherchent encore les moyens d’arrêter l’hémorragie. L’indice du Dubai Financial Market (DFM) a plongé de 6%, passant à l’ouverture sous le seuil symbolique des 3.000 points avant de remonter légèrement au-dessus de ce chiffre (3.009 pts). La Bourse de Dubaï était notamment plombée par le plongeon du titre du géant de l’immobilier Emaar, qui a cédé jusqu’à 9,3%. Pour tenter de limiter les pertes, les autorités de cette ville-émirat pourtant en plein essor ont décidé de limiter à 10% -au lieu de 15% – les fluctuations possibles des valeurs boursières. Le Kuwait Stock Exchange, deuxième plus important marché arabe, enregistrait lui une baisse de 3%, tout comme le Muscat Securities Market (Oman), tandis que l’Abu Dhabi Securities Exchange, deuxième Bourse des Emirats, perdait 4,5%. Les Bourses des monarchies pétrolières du Golfe avaient fini leur semaine, jeudi dernier, dans le vert après de lourdes pertes les jours précédents, apparemment dopées par la réduction des taux décidées par plusieurs banques centrales étrangères et régionales. Les banques centrales du Koweït et des Emirats ont baissé mercredi dernier leurs taux d’intérêt pour faciliter les prêts aux banques et injecter plus de liquidités dans le système financier. A cette date, la Bourse de Dubaï avait perdu en quatre jours plus du quart de sa valeur. Samedi, au premier jour ouvrable de sa semaine, la Bourse d’Arabie saoudite, la plus importante du monde arabe en terme de capitalisation, a de son côté chuté de près de 6%, clôturant sous les 6.000 points, son plus bas niveau en plus de quatre ans.
Des économistes du Golfe ont expliqué la dégringolade dans la région par la panique suscitée par les retombées de la crise financière mondiale, qui a ébranlé la confiance des investisseurs. Les opérateurs s’inquièteraient du sort des investissements arabes du Golfe à l’étranger, estimés à 2.500 milliards de dollars. «Nos économies sont solides et ont évolué à un rythme rapide. Notre système bancaire est protégé et il n’est trop exposé au système bancaire mondial », a pourtant noté l’économiste saoudien, Ehsan Bu-Hulaiga. «Ce que nous avons vu est une réaction à la crise mondiale. Il est surprenant de voir chuter le cours des actions de bonnes compagnies ayant réalisé d’excellents profits. C’est la panique et un manque de confiance», a-t-il déclaré à l’AFP. La chute des prix du pétrole semble également peser lourdement sur les Bourses du Golfe, région qui pompe quelque 16 millions de barils par jour. Les cours du brut sont passés vendredi sous les 80 dollars à New York et les 75 dollars à Londres.  

• Omar Hassan (AFP)

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