Un des piliers fondamentaux de la croissance africaine : L’industrialisation en Afrique en marche

Un des piliers fondamentaux de la croissance africaine : L’industrialisation en Afrique en marche

Les décideurs ont conçu des politiques publiques reposant sur la valorisation des matières premières et le développement du secteur tertiaire.  Toutefois du chemin reste à parcourir.

L’industrialisation en Afrique s’accélère avec un potentiel de triplement du rythme de croissance industrielle et du doublement de la production à horizon 2025. Un développement sectoriel qui permet au continent de capter une bonne partie de chaînes de valeur internationales. En effet, l’industrie, parallèlement à l’agriculture, constitue l’un des piliers fondamentaux de la croissance africaine.  Le continent se démarque par l’émergence d’industries capitalistiques. Citons à cet effet les hydrocarbures, le BTP et l’agro-industrie. Des pôles qui répondent à un marché de consommation en progression soutenue. Le potentiel de consommation additionnel devrait en effet atteindre à horizon 2025 les 1,6 trillion milliards de dollars.

Un taux moyen d’industrialisation de 28,2% entre 2002-2016

Nourrir le continent, l’alimenter en énergie et améliorer la qualité de vie des populations sont les principaux impératifs auxquels répondrait l’industrie africaine.  Tenant compte de ces enjeux, les décideurs ont conçu des politiques publiques reposant sur la valorisation des matières premières et le développement du secteur tertiaire.  Toutefois du chemin reste à parcourir, notamment pour les pays francophones de l’Afrique subsaharienne n’ayant toujours pas atteint l’objectif requis en matière d’industrialisation. Des disparités par pays sont observées dans ce sens.

Se référant à la CNUCED, le taux moyen d’industrialisation s’est élevé à 28,2% sur la période 2002-2016. Un taux qui reste par ailleurs élevé dans les pays riches en ressources naturelles tels que la République démocratique du Congo (70,1%), le Gabon (56,1%), et la Mauritanie (36,3%). En revanche, le Madagascar, la Guinée-Bissau, le Niger et le Burundi affichent des taux relativement bas allant de 16,9% à 14,2%. Se référant à la même source, la contribution de l’industrie manufacturière en pourcentage du PIB a été évaluée à 11,26% en Afrique francophone au moment où celle des industries extractives et minières était de 12,2%.  En se basant toujours sur les données chiffrées, la Banque africaine de développement souligne pour sa part que les industries du continent ne génèrent que 700 dollars américains de PIB par habitant, soit trois fois moins qu’en Amérique latine (2.500 dollars) et cinq fois moins qu’en Asie de l’Est (3.400 dollars).

Afrique francophone : Quelle configuration industrielle ?

Dans un récent rapport portant sur les enjeux et perspectives de la situation économique en Afrique francophone, l’observatoire de la francophonie économique a dressé quatre configurations possibles de l’industrialisation en Afrique. La première porte sur la substitution des importations. Une stratégie déclinée en deux phases et qui consiste à remplacer les importations par les produits locaux en instaurant des barrières commerciales.  Le deuxième scénario porte sur l’industrialisation par la promotion des industries «industrialisantes». L’objectif étant d’accroître les échanges interindustriels en profitant des effets d’entraînement générés par les industries lourdes telles que la sidérurgie, la chimie et l’énergie. Telle qu’est elle est pensée, cette stratégie accorde la priorité au développement des industries qui ont des effets d’entraînement sur les autres afin d’aboutir à terme à l’autonomie du pays. La troisième théorie est relative à la substitution des exportations en remplaçant les expéditions traditionnelles par de nouvelles favorisant ainsi la diversification par branche et une remontée de filières vers la production de biens à plus forte valeur ajoutée.  La dernière configuration concerne la transformation des produits de base, chose qui entraînera l’accumulation de facteurs supplémentaires de production par le biais des investissements étrangers, de l’épargne intérieure, du travail et du personnel qualifié. Une orientation qui favoriserait l’émergence de nouveaux secteurs de production exportatrice dans l’industrie mère ou dans des industries connexes aussi bien en aval qu’en amont.

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