Un gain de 500 millions d’euros grâce à Kerviel

Un gain de 500 millions d’euros grâce à Kerviel

Me Elisabeth Meyer, avocate de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale accusé par la banque de lui avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros, assure que son client avait fait gagner à l’établissement bancaire «500 millions d’euros au mois de juillet 2007», dans une interview aux Echos à paraître mercredi.
«Il ressort d’un tableau publié (dans la presse, ndlr) que la banque a encaissé 500 millions d’euros au mois de juillet 2007, puis 1,4 milliard fin décembre, sans que cela ne déclenche une alerte» de la banque, affirme Me Meyer, comme on lui demande si elle estime que la hiérarchie de la Société Générale était «au courant des agissements du trader». Or, selon le rapport d’audit interne de la banque publié le 21 février, Jérôme Kerviel avait accumulé une position atteignant 28 milliards d’euros le 30 juin 2007. Cette position avait été virtuellement perdante de plus de 2 milliards entre juin et juillet, toujours selon le rapport, avant que Jérôme Kerviel ne la solde entre le 24 juillet et le 30 août 2007, réussissant à se retrouver avec une position nulle début septembre.
«Si le 23 janvier au soir, au lieu d’une perte, elle avait réalisé un gain, la Société Générale aurait-elle déposé une plainte?» interroge Mme Meyer.
Pour elle, compte tenu des 74 alertes mises en évidence dans le rapport interne de la banque, Jérôme Kerviel «n’était donc pas indétectable». L’avocate explique que les opérations effectuées par son client «pouvaient cacher un risque», mais «ne pouvaient en aucun cas masquer une entrée ou une sortie de cash». «Or, depuis deux ans et demi, l’argent que gagnait Jérôme Kerviel n’a jamais été fictif. Dès 2005, la banque l’avait identifié et elle l’avait rappelé à l’ordre», ajoute-t-elle.
Elle relève que dans le rapport d’audit, «il n’est jamais fait mention d’éventuelles alertes du service de la trésorerie». «C’est le grand absent de ce document. C’est à se demander si, pendant deux ans et demi, quelqu’un a contrôlé la trésorerie de la Société Générale», poursuit Me Meyer. Concernant une demande de mise en liberté de Jérôme Kerviel, Mme Meyer répond qu’elle «attend le moment opportun pour le faire».

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