Un inventeur marocain révolutionne l’UMTS

Un inventeur marocain révolutionne l’UMTS

Majid El Bouazzaoui, un nom peu, voire pas du tout, connu au Maroc. Pourtant, ce marocain, originaire de Salé et diplômé d’une école de génie électronique et réseaux, s’est déjà assez fait connaître en Europe. Et pour cause, ce jeune homme tout juste âgé de 28 ans, compte à son actif quatre inventions dans le domaine des technologies de l’information et la communication (TIC). Des brevets déposés auprès de l’Office marocain pour la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) et déjà présentés dans des Salons et Concours internationaux d’inventions. A l’exception de la dernière création en date, celle que Majid compte démontrer au prochain Salon des Inventions de Genève qui se tiendra du 6 au 10 avril prochain. Encore faut-il qu’il puisse y participer… Car ce génie  manque cruellement de ressources financières. Normal : il ne travaille pas. Il a passé ses quatre dernières années à se creuser les méninges pour trouver diverses solutions ou améliorations technologiques en matière de réseaux de transmission pour téléphonie mobile. En 2003 déjà, le 12 mars précisément, M. El Bouazzaoui proposait une solution miracle pour le problème de saturation des réseaux GSM. Un phénomène assez fréquent au Maroc, dans des périodes où tous les abonnés GSM appellent en même temps (jours de fêtes ou soir de fin d’année…).
Baptisée «Emetteur/récepteur permettant d’augmenter la capacité du canal de transmission», cette invention résout ainsi l’un des maux de la téléphonie mobile. Elle lui aura en tout cas valu d’être le «Lauréat du prix de l’Institut national de la propriété industrielle» (INPI) au premier Concours de l’invention et Salon de la robotique, organisé du 18 au 21 juin 2004 à Yssingeaux (en France) par l’Association DEST (Découvertes et expérimentations des sciences et techniques).
Puis vint le 26 janvier dernier, jour où Majid enregistra son dernier brevet : une application théorique d’un système permettant la transmission instantanée de la voix et des images vidéo par GSM. Cela existe déjà, diront certains. Oui, mais ce système de visiophonie mobile déjà opérationnel au Japon et dans quelques pays européens, n’est appliqué qu’à travers les réseaux dits UMTS (Universal Mobile Telecommunications System). Du coup, on est en droit de s’interroger sur l’intérêt de l’invention de M. El Bouazzaoui. Le coût ! Il faut savoir que cette téléphonie de troisième génération (UMTS) reste encore très chère à tous les égards. Car pour l’appliquer, un opérateur téléphonique doit d’abord en acheter une licence d’exploitation, qui peut se chiffrer à quelques milliards d’euros. Ensuite, il doit investir dans une nouvelle infrastructure, intégrant des relais de dernières générations qui permettent de larges fréquences (jusqu’à 2 giga Hertz, contre 960 méga Hertz pour des réseaux ordinaires). Mais surtout, ce sera l’utilisateur sur lequel se répercutera le plus la cherté de ce type de communication, qui ne s’utilise qu’avec des téléphones de troisième génération assez coûteux, puisque compatibles avec tous les réseaux.
Majid El Bouazzaoui, lui, met tout simplement un joli pied de nez à l’UMTS. Les schémas de son invention (qui est donc théorique pour le moment), montrent qu’il est possible de communiquer par son et images simultanés (soit un grand nombre d’informations), simplement avec du matériel de téléphonie mobile de deuxième génération. C’est-à-dire les réseaux actuels, qui relient des téléphones mobiles (avec caméra vidéo et un écran couleur) que l’on trouve actuellement sur la plupart des marchés. Le principe de l’inventions n’est pas pleinement dévoilé, mais il s’agirait en gros de faire passer les informations relatifs au son et aux images vidéo sur un canal réservé à la transmission de la voix uniquement. Pour présenter cette trouvaille qui lui a nécessité près de deux années d’études, Majid compte beaucoup sur le Salon des Inventions de Genève, en avril prochain. Dans ce but, il a déjà accomplit les démarches nécessaires : accréditation officielle, visa pour la Suisse, réservation du stand… Reste la question du transport (billet d’avion notamment), des frais d’hébergement et ceux de l’enregistrement du brevet à l’échelon international.
Le tout, oscillant entre 50.000 et 100.000 Dhs. Un montant que notre ami n’a bien évidemment pas et pour lequel il a déjà démarché des organismes étatiques et des grands groupes particuliers. D’où, l’appel qu’il lance aujourd’hui pour être sponsorisé et soutenu financièrement. A n’en pas douter, une telle invention profiterait énormément pour l’entreprise qui en achèterait le brevet. En effet, le nouveau propriétaire obtiendrait ainsi un monopôle total sur son exploitation partout dans le monde. Colossal! M. El Bouazaoui, qui est l’unique inventeur marocain spécialisé dans les TIC depuis 1997, préfère que ses travaux soient cédés à un organisme marocain. Il y va de l’image du pays et de ses chances de devenir, un jour peut-être, une pépinière pour la production et l’exportation de logiciels, progiciels et autres technologies nouvelles.

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