Un investissement public local limité

Un investissement public local limité

Ecart. Tel est le constat majeur qui ressort d’une étude du Centre marocain de conjoncture (CMC), relative à l’investissement public local. Ecart entre les actions et décisions prises par les responsables locaux et les besoins réels des populations, mais aussi entre les possibilités existantes en terme de modes de financement et pratiques ancrées dans la gestion locale des ressources mobilisables. Le contexte dans lequel évoluent nos collectivités locales reste marqué par un certain nombre de déficiences. A commencer par l’accumulation des retards et déficits en infrastructures et services. Mais il y a aussi la rareté de ressources propres, appréciables mais loin de répondre à la taille des besoins. Autre écart : le montant annuel des dépenses communales d’investissement ne dépassent pas les 3 milliards DH, alors que le budget annuel global des Collectivités locales est de l’ordre de 14 milliards DH. Cela suppose que 11 milliards restants vont aux frais de fonctionnement et autres gestions des dettes par exemple. Un fonctionnement qui laisse à désirer et qui pénalise à plus d’un titre l’acte d’investissement, qu’il soit public ou privé. Nos gestionnaires locaux préfèrent toujours attendre qu’un excédent soit réalisé en fin d’exercice pour arrêter leurs programmes d’investissement. Entre temps, la trésorerie aura connu une immobilisation inutile. La réalisation des projets aura pris un sacré retard. Le non recours des collectivités locales à l’emprunt participe fortement à cette situation. A titre d’exemple, le montant annuel total de l’intervention du FEC (Fonds d’équipement des communes), oscille autour d’un milliard DH. A cela, s’ajoute l’irrégularité qui caractérise les attributions de ce fonds. « Alors que des régions n’empruntent plus depuis 1996, d’autres ont de véritables cycles d’investissement », peut-on lire dans cette étude. Quelque 6 régions du Maroc s’accaparent plus des deux tiers des crédits du FEC, dont le taux d’intérêt pratiqué est de l’ordre de 10,75%. Un peu beaucoup. Les attributions connaissent des baisses continuelles, ce qui prive l’économie territoriale d’importantes possibilités de développement. Ce constat est d’autant plus paradoxal que l’importance de l’épargne dégagée par les collectivités locales a sensiblement renforcé la solvabilité d’une bonne majorité des collectivités locales et leurs capacités financières d’investissement. « L’importance des volumes de crédits de reports révèle une insuffisante capacité de gestion des projets », indique l’étude. Et pour cause, alors qu’un projet donné n’est que le stade de l’étude, les crédits sont déjà affectés. Les montages techniques et financiers sont déficients. Autre curiosité, d’importants crédits d’investissement sont affectés à des actions qui s’apparentent à des dépenses de fonctionnement, au détriment des équipements structurants. Résultats : dégradation de secteurs, comme les transports publics ou l’assainissement, vitaux aussi bien pour l’économie que pour la qualité de vie. Loin de concevoir leur épargne comme étant un levier de mobilisation de ressources externes, « les collectivités locales continuent à privilégier l’autofinancement comme source unique de financement », indique cette étude. La responsabilité des décideurs locaux sur les retards pris et accumulés s’en trouve engagée. Leur capacité de fixer des priorités, d’assurer le suivi des projets entamés et des ressources mobilisables et d’affecter les bons de crédits pour les bons projets et aux bons moments est également mise en cause. Jusqu’à preuve du contraire.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *