Un label pour la restructuration du secteur des voyages

Un label pour la restructuration du secteur des voyages

Les agences de voyages de Rabat-Salé-Kénitra luttent contre l’informel

En vue de lutter contre la concurrence déloyale que connaît le secteur des voyages, une initiative pionnière vient de voir le jour au profit des agences de voyages de Rabat-Salé-Kénitra. L’Association des agences de voyages de la région a procédé, jeudi 2 mars 2017, à la distribution d’un macaron aux agents ayant pris part à son séminaire, tenu le même jour à Rabat. Ce label, qui sera incessamment déposé à l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (Ompic) constitue un gage aussi bien pour les professionnels que pour le client final. «Nous agissons ainsi pour préserver notre métier des pratiques illégales et informelles qui malheureusement sévissent de plus en plus. A travers le macaron, comprenant à la fois le numéro de la décision du ministère et le numéro d’affiliation de l’agence à l’association régionale, nous posons le premier jalon dans la structuration de notre profession et dans l’orientation efficace du consommateur», nous explique Imane Lamrani, présidente de l’Association des agences de voyages de Rabat-Salé-Kénitra (AVRSK), tout en espérant que cette initiative soit élargie à  d’autres régions du Maroc.

La rencontre de l’AVRSK intervient à un moment où l’anarchie bat son plein dans le secteur. Les agences agréées observent une montée des pratiques commerciales abusives, notamment les ventes illégales des titres de transports et des séjours ainsi que les réservations d’hôtels. «Cet environnement nuit non seulement à notre activité mais également à l’économie nationale en général. Si ce métier se dégrade automatiquement les revenus vont se dégrader et il va y avoir du chômage», alerte Mme Lamrani. En effet, si cette situation continue à sévir, les agences seront contraintes à réduire leurs effectifs ou carrément fermer leurs portes.

Au moment où la loi en vigueur fixe de nombreux critères pour l’ouverture d’une agence de voyages, certains s’adonnent à cet exercice sans aucune autorisation préalable. Nombreux sont ceux qui ont ouvert des agences «virtuelles» sur les réseaux sociaux sans pour autant disposer d’un statut juridique qui officialise leur activité.  «Ces personnes ne payent pas d’impôts, ne disposent pas d’effectifs et contribuent massivement aux transferts douteux de fonds en devise. Et dès qu’ils commettent une erreur, c’est toute la profession qui est pointée du doigt», souligne la présidente de l’AVRSK.

Face à l’absence des mesures répressives de la part des autorités, Imane Lamrani propose des solutions alternatives. «Au lieu de pénaliser ces personnes, en majorité des jeunes ambitieux, il est temps de s’ouvrir à eux et d’échanger autour des perspectives de la profession. Si chacune des 160 agences de la région parrainait un jeune, on lutterait facilement contre l’informel», apprend-on de la présidente de l’AVRSK. Notons que le bureau actuel de l’AVRSK a été constitué en avril 2016, et ce pour un mandat de trois ans. L’association a pour ambition de redorer le blason de la profession et de fédérer les agences de voyages de la région autour d’une identité commune de l’agent de voyages. L’agenda 2017 de l’AVRSK comprend plusieurs actions, notamment la mise en place d’une plate-forme digitale de communication, l’élaboration de cartes professionnelles pour le personnel des agences de voyages et l’organisation de séances de formation au sein des locaux de l’association.

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