Un livre blanc pour l’industrie Marocaine

Le ministre de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications, Rachid Talbi El Alami, a annoncé qu’une conférence nationale regroupant les représentants des secteurs public et privé, ainsi que des experts internationaux en provenance des Etats-Unis, de l’Union européenne et du monde arabe, sera organisée prochainement au Maroc pour réfléchir sur les moyens d’aider ces secteurs à améliorer leurs performances respectives. Dans un entretien publié par « Jeune Afrique l’Intelligent » dans sa dernière édition, El Alami a précisé que cette conférence, dont la date n’a pas encore été fixée (septembre ou octobre) devrait aboutir à un « livre blanc » qui définira une nouvelle stratégie pour l’industrie marocaine dans les dix prochaines années, a-t-il précisé. Interrogé sur le défi à relever pour le tissu industriel marocain à l’horizon 2012, date de l’ouverture totale des frontières, M. El Alami a évoqué plusieurs programmes mis en route pour aider les industries à se préparer à cette échéance. Parmi les actions envisagées, il a cité l’équipement de plusieurs zones industrielles, dont certaines seront spécialisées, notamment dans les filières du textile, du « cuir et chaussures », et la création de deux technopoles spécialisées dans les nouvelles technologies de l’information, l’une à Rabat et l’autre à Casablanca. Soulignant l’intérêt que porte le Maroc à l’amélioration de l’environnement général des affaires, le ministre a mis en relief l’effort du gouvernement pour la simplification des procédures administratives et la mise en place des cadres réglementaires, fiscaux et financiers adaptés aux besoins des diverses activités. « Des mécanismes d’aide et d’appui sont en train d’être mis en place, notamment des centres de médiation, des centres techniques pour développer la recherche-développement et l’innovation », a souligné El Alami, en annonçant qu' »un fonds d’aide à la mise à niveau, financé à hauteur de 50 % par l’Etat et 50 % par l’Union européenne, dans le cadre du programme Meda 2, mettra 400 millions de dirhams à la disposition des entreprises à des taux très attractifs ». Par ailleurs, le Ministre a annoncé qu’un programme de construction de 30.000 véhicules économiques par an, dont 15.000 destinés au seul marché local, sera lancé « bientôt » au Maroc. Ce programme sera entrepris en collaboration avec le constructeur français Renault, qui s’apprête à acquérir 38 % du capital de la société marocaine (Somaca). « Le prix de vente du véhicule ne devrait pas dépasser 70.000 dirhams », a-t-il, il L’offre Renault est adossée à la mise en oeuvre d’un projet industriel de montage d’une voiture familiale, de marque Dacia, destinée aussi bien au marché local qu’à l’export. Cette voiture sera produite à partir de 2005, pour un volume de 30.000 unités par an, pouvant atteindre un régime de croisière de 45.000 véhicules par an. Ces voitures seront vendues sur le marché local au prix de 70.000 dirhams et sur le marché international à un prix moindre, soit 57.000 dirhams. Le constructeur roumain Dacia est passé en septembre 1999 dans le giron français. Celui-ci a engagé un investissement de 211 millions d’euros pour moderniser sa nouvelle filiale. Avec 53.000 véhicules vendus en 2002, Dacia contrôle près de 50 % du marché roumain. L’acquisition de Somaca par Renault fait partie de sa stratégie d’internationalisation. Stratégie qui s’est traduite par des alliances avec des constructeurs automobiles aussi célèbres que le Japonais Nissan ou le sud-coréen Samsung, sans parler du fait qu’en Europe occidentale Renault reste la première marque automobile sur le marché des véhicules particuliers et utilitaires. En tout cas, le voile sera complètement levé sur ce projet le 17 septembre prochain, date de la visite officielle du président du groupe Renault Louis Schweitzer au Maroc.

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