Un marché des taux stagnant

Un marché des taux stagnant

Courant le troisième trimestre de l’exercice en cours, le Trésor a levé 7 189,3 MDH. Ainsi, l’encours des bons du Trésor a été porté à fin septembre 2003, à 190,6 milliards de dirhams contre 169,9 milliards au 31 décembre 2002. Toutefois, le marché des taux a enregistré une forte baisse des taux de rémunération courant le second trimestre 2003 sous l’effet inattendu de la privatisation de la Régie des Tabacs. «Considérant ces niveaux de taux insatisfaisants et non conformes à la réalité des besoins du Trésor, les soumissionnaires ont limité leurs offres à un montant global de 26 833,5 MDH contre 82 892,3 MDH le trimestre d’avant et 62 902,9 MDH pour le troisième trimestre 2002 », relève Asmâa Boukhris Barakat, Responsable Desk Emissions Privées au sein de la société de bourse Crédit Du Maroc Capital, dans une note de recherche sur le marché de la dette privée au Maroc. Ces soumissions ont été caractérisées par des rendements élevés. Aussi, les adjudications du Trésor ont été marquées par des taux de satisfaction limités, surtout pour le court terme Face à la persévérance des soumissionnaires et le refus continu du Trésor de céder à leurs exigences, les taux de rémunération des moyennes et longues maturités ont été caractérisés par de faibles variations, voire des quasi-stagnations pendant ce trimestre. Toutefois, la divergence des intérêts des investisseurs a permis au Trésor de réduire les taux de rémunération des Bons Du Trésor (BDT) à 52 semaines. Ils ont ainsi enregistré de fortes baisses, passant de 3,17 % à fin juin à 2,97 % à partir du 08 septembre. Quant aux BDT à 13 et 26 semaines, ils n’ont presque pas enregistré de variation durant tout le trimestre. Par contre, suite aux différentes tensions vécues sur le marché monétaire ainsi que celui des adjudications, Bank Al Maghrib a marqué le marché des taux courant ce 3 ème trimestre, par diverses interventions dont la plus importante est le relèvement du taux de la réserve monétaire. Côté émissions privées, afin d’inciter les banques à mobiliser plus l’épargne nationale et d’assurer un taux minimum de placement au petit épargnant, Bank Al Maghrib a décidé de relever le taux de la réserve monétaire, auquel sont assujetties les banques du Royaume, de 14 à 16,5 %. Par ailleurs, le taux de rémunération de l’ensemble de ces avoirs est passé de 0,5 % à 0,75 % et ce à partir du 04 septembre 2003. D’autre part, Bank Al Maghrib a procédé, à partir du 22 septembre 2003, à des opérations de reprises de liquidités, sous forme d’emprunts à 24 heures au taux de 3,25%. Enfin, Bank Al Maghrib a annoncé le renforcement de son dispositif de régulation du marché monétaire par le recours aux opérations de swap de change. « Le but est la reprise des liquidités et non la couverture d’un risque de change: BAM procède à une vente au comptant des devises, soit un achat de dirhams. En parallèle à cette transaction, BAM procède à l’achat de cette même devise à terme », précise Asmâa Boukhris. Durant le troisième trimestre 2003, le marché de la dette privée n’a enregistré aucune émission obligataire. Quant aux Titres de Créances Négociables (TCN), ils ont marqué ce marché primaire par l’émission de 6 758 titres d’une valeur nominale de 100 000 DH. Les TCN ont ainsi, permis le financement de l’économie pour 675,8 MDH. Les Bons de sociétés de Financement (BSF) correspondaient à 58,8 % de ces nouvelles émissions. Le reliquat était dédié aux Billets de Trésorerie (BT) pour 14,1 % et aux Certificats de Dépôts (CD) pour 27,1 %. Par contre, pour les Bons des Sociétés de Financement (BSF), courant ce 3 ème trimestre, les sociétés de financement ont levé près de 400 MDH sur le marché financier. Comparé à la même période en 2002, l’encours des BSF émis a régressé de 17 %. « Ce recul est essentiellement lié aux perturbations vécues, depuis le début du second semestre 2003, par le marché des taux », estime l’analyste. Quant aux taux de rémunération des BSF émis durant cette période, ils sont largement inférieurs à ceux du troisième trimestre 2002. En effet, les Spread oscillent entre 120 et près de 170 Points De Base (Pbs). La rémunération de ces BSF varie entre des taux moyens minimum et maximum de 4,38 % et 5,53 % pour les bons allant de 2 à 3 ans. Quant aux bons à maturité supérieure à 3 ans, les taux moyens varient de 4,90 % à 6,73%. Toutefois, les fortes tensions observées sur le court terme conjuguées au manque de visibilité constaté sur le marché primaire des taux ont limité les émissions de ce trimestre à 95 MDH contre 116 MDH un an plutôt. Quant aux taux de rémunération, ils ont baissé de 25 Pbs pour le 32 à 92 jours et de 165 Pbs pour le 93 à 182 jours. Enfin, les émissions des Certificats de Dépôts ont été limitées aux titres du Fonds d’Equipement Communal (FEC) pour un montant de 183,4 MDH. La sur-liquidité du marché explique le non recours des banques au CD durant ce trimestre. « Notons que contrairement aux autres titres émis sur cette période, le montant levé en CD courant ce trimestre est plus important que celui du 3 ème trimestre 2002. Enfin, la rémunération des CD s’est élevée à 4,32 % pour les Bons de 3 à 5 ans et variant de 5,60 % à 5,80 % pour les titres de maturités supérieurs à cinq ans»,a conclu Asmâa Boukhris.

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