Un marché en devenir

Présentant plusieurs avantages, que ce soit pour une entreprise en quête soit de profils pointus soit de « remplaçants » ou pour l’employé intérimaire, le travail temporaire connaît actuellement une croissance remarquable. Les professionnels du secteur parlent d’une évolution à deux chiffres en termes de demande en travailleurs temporaires. Et pour cause, la flexibilité qu’une telle démarche offre à l’entreprise. « L’intérim permet de mieux affronter les hausses saisonnières d’activité, notamment dans le secteur industriel. Il sert également à renforcer une structure en cas d’absence de personnel », déclare Souad Boujida, responsable de l’agence Casablanca du cabinet Manpower. L’entreprise gagne également en temps puisqu’elle s’épargne toutes les démarches administratives. Le cabinet de recrutement se charge du contrat de travail avec l’intérimaire, de la déclaration à la CNSS, paye les charges patronales, donne des congés payés, des allocations familiales, l’assure contre les accidents de travail et le rémunère (sur la base de la grille de l’entreprise cliente). L’entreprise de travail temporaire peut même accorder une assurance maladie et une assurance retraite. « D’autres sociétés préfèrent prendre un intérimaire en pré-embauche. Elles peuvent ainsi mieux juger son potentiel », explique Mme Boujida. Selon cette responsable, l’essentiel de la demande vient des firmes multinationales. « Les grandes PME marocaines sont également utilisatrices et l’on commence à assister à un changement de mentalité au sein des PME/PMI qui ont de plus en plus recours à des travailleurs intérimaires», note-t-elle. Les secteurs demandeurs vont des finances aux banques et compagnies d’assurances en passant par les laboratoires pharmaceutiques et les industries. « Les profils les plus demandés sont ceux du tertiaire comme les assistantes de direction, les comptables et commerciaux. Mais la majorité des demandes concernent des ouvriers non-qualifiés. Les autres segments  se développent également mais de façon timide », explique Mme Boujida. En effet, même si plusieurs  PME/PMI et les start-up exigent de plus en plus des profils pointus( informaticiens, financiers, cadres marketing), le marché reste dominé par la demande en ouvriers, notamment dans le secteur industriel. La durée du contrat peut aller jusqu’à deux ans, mais le plus souvent, les missions ne dépassent pas trois mois. « Il n’existe pas de durée minimale. Une entreprise peut faire appel à un intérimaire pour une mission d’une journée. Et plus la durée est courte, plus la rémunération est intéressante », précise-t-elle. En principe, la différence de salaire entre un employé permanent et un autre temporaire va à la faveur de ce dernier, à cause de la précarité de son emploi. Mais il s’agit d’une règle qui n’est pas toujours appliquée au Maroc. A cela s’ajoute un handicap psychologique à l’exercice de cette activité : la plupart des candidats préfèrent toujours les emplois fixes et permanents qui leur garantissent une certaine stabilité.

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