Un partenariat boiteux

Un partenariat boiteux

Le bilan du partenariat euro-méditerranéen est très faible. Les participants à une conférence organisée par le Collectif d’ONG pour le Partenariat Euro-Marocain (COPEM), en collaboration avec l’Espace associatif sont unanimes. Les propos de Helena Olivan du département de politiques méditerranéennes-Institut européen de la Méditerranée (Barcelone)-le montrent bien. «Les évaluations de huit années de partenariat incitent au pessimisme, dans la mesure où les objectifs définis par la déclaration de Barcelonne n’ont pas été atteints», estime-t-elle, tout en soulignant la faiblesse de l’impact produit par ce partenariat sur les sociétés. Pour l’experte espagnole, les questions de sécurité qui se posent avec plus d’instance après les attentats du 11 septembre sont désormais devenues prioritaires dans beaucoup d’agendas. Ce constat s’explique, selon elle, par un manque d’institutionnalisation de ce processus et un manque de connexion entre les trois volets du partenariat (économique et financier, politique, culturel social et humain) car, «les parties ont adopté un traitement séparé de ces questions». Pour Mohamed Saad Saadi, professeur d’économie et président du Centre d’Etude et de Recherche Aziz Blal (CERAB), la «déception» a été grande. Cependant, cette dernière a été plus ou moins prévisible «si l’on prend en considération la logique qui a présidé à l’enclenchement du processus». M. Saadi fait allusion à l’importance qu’a prise l’instauration d’une zone de libre-échange. Constituant la pièce maîtresse dans ce partenariat entre les pays du nord et du sud de la Méditerranée, elle a engendré un « déséquilibre entre les différents volets puisque le politique, le culturel et le social ont été plus au moins marginalisés au profit de la démarche mercantile ». L’exemple de l’agriculture en est la preuve. L’Union européenne qui est pour le libre-échange fait une exception lorsqu’il s’agit de l’agriculture. Le président du CERAB a mis l’accent sur les déficiences de ce partenariat sur le plan politique, puisqu’il n’a été d’aucun secours dans la résolution d’un certain nombre de conflits régionaux, notamment le conflit israélo-arabe. C’est pour cette raison qu’il est désormais « nécessaire pour les pays du sud de lancer les changements et les réformes appropriées pour être en phase de la mondialisation », explique-t-il. Et c’est d’ailleurs dans cette optique que l’Union européenne a une responsabilité dans la promotion de cette mondialisation pour qu’elle soit « plus solidaire et respectueuse des valeurs humaines et des droits de l’homme et non pas uniquement mûe par la logique du profit ». L’exemple du Maroc s’impose à ce sujet. Le pays a été parmi les premiers à soutenir que « le partenariat ne marche pas » et à proposer officiellement que ce partenariat s’élève à « quelque chose plus que le partenariat mais moins que l’adhésion». La conférence euro-méditerranéenne des ministres des Affaires étrangères tenue à Barcelone les 27 et 28 novembre 1995, avait, rappelle-t-on, marqué le point de départ du partenariat euro-méditerranéen (Processus de Barcelone), cadre élargi de relations politiques, économiques et sociales entre les 15 Etats membres de l’UE et les 12 partenaires de la rive sud de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Autorité palestinienne, Chypre, Egypte, Jordanie, Liban, Malte, Syrie, Tunisie, Turquie, Israël).

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