Un plan de relance de 18 milliards d’euros

Le gouvernement espagnol a adopté vendredi un plan de relance de 18 milliards d’euros sur deux ans pour lutter contre le brusque ralentissement économique du pays, qui sort d’une décennie dorée enviée dans toute l’Europe. Ce plan annoncé à l’issue du premier Conseil des ministres ordinaire depuis la victoire des socialistes aux législatives du 9 mars, prévoit des baisses d’impôts et des mesures pour amortir le coup de frein de la construction. Le gouvernement «a approuvé un plan d’impulsion qui entraînera une injection de 10 milliards d’euros cette année et près de 8 milliards l’an prochain», a déclaré sa vice-présidente, Maria Teresa Fernandez de la Vega.
L’économie espagnole connaît un net ralentissement depuis quelques mois, sous l’effet conjugué de la crise financière internationale et du coup d’arrêt du secteur de la construction, longtemps moteur de sa croissance. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, a fait de la lutte contre son «ralentissement» la priorité de son deuxième mandat. La plus importante mesure annoncée vendredi est la restitution de 400 euros d’impôt sur le revenu aux contribuables, pour un coût estimé d’environ 6 milliards d’euros en 2008. Cela «va augmenter le revenu disponible (pour les ménages, ndlr) et aura un impact positif sur la consommation», a déclaré le ministre de l’Economie, Pedro Solbes. Les ménages espagnols, dont les salaires sont parmi les plus bas de la zone euro, sont déjà largement endettés. Certains connaissent des fins de mois difficiles, aggravées par le regain de l’inflation et l’augmentation de leurs remboursements d’emprunts immobiliers causée par la hausse des taux d’intérêt. Afin de desserrer l’étau, le gouvernement permettra aux plus exposés d’allonger sans coût additionnel la durée de leur crédit au logement, afin de réduire les mensualités à verser. Il va aussi aider les entreprises à obtenir plus de liquidités, notamment en augmentant de 1 à 3 milliards d’euros les fonds pour garantir les crédits aux PME. Le chômage, bien qu’historiquement bas, est en train de progresser, le nombre de sans-emplois étant gonflé par des légions de travailleurs du bâtiment jetés sur le carreau par le ralentissement du secteur. Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour faciliter leur reclassement. Madrid va également accélérer l’exécution de son programme de grands travaux d’infrastructures (autoroutes, lignes ferroviaires à grande vitesse), pour soutenir l’activité du BTP, et favoriser la construction de 150.000 logements sociaux par an. Le coût estimé de ce programme est de 10 milliards d’euros pour 2008, soit un peu moins de la moitié de l’excédent des comptes publics dégagés en 2007 en Espagne (23,3 milliards d’euros). Il devrait doper la croissance du Produit intérieur brut (PIB) en 2008 de 0,2 à 0,3 point de pourcentage, a estimé M. Solbes, qui a souligné que «l’objectif fondamental était «de maintenir la stabilité budgétaire». Le gouvernement espagnol avait annoncé de longue date qu’il entendait puiser dans les excédents budgétaires accumulés pendant les années de prospérité pour soutenir l’activité en période de vaches maigres. Il devra néanmoins faire face à une diminution des recettes fiscales avant même l’entrée en vigueur de ce plan, liée au ralentissement de la croissance, qui devrait passer sous les 3% en 2008 selon le gouvernement, après 3,8% en 2007.

• Fabien Zamora (AFP)

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