Une bourse américano-anglaise?

Le Nasdaq, deuxième marché d’actions au monde, est en discussion en vue du rachat éventuel de la première bourse européenne, le London Stock Exchange (lse). Un tel rapprochement permettrait au marché new-yorkais d’obtenir une tête de pont sur le vieux continent, tandis qu’il aiderait le lse, vieux de deux siècles, à se renforcer face à ses deux grands concurrents européens, Euronext et Deutsche Börse .
Euronext, né en septembre 2000 de la fusion des bourses de Paris, Amsterdam et Bruxelles, connaît aujourd’hui un essor rapide. La bourse de Lisbonne vient d’intégrer ce marché à vocation paneuropéenne.
L’autre rival, la Deutsche Börse, est l’opérateur de la bourse de Francfort. Une source très proche du dossier a déclaré à la presse que « les discussions – entre le Nasdaq et le lse – avancent. Étant donné qu’il est isolé en Europe, le lse reconnaît que c’est un rapprochement idéal ». Et d’ajouter : « ils ont réalisé qu’il leur fallait s’allier ou bien avec Euronext ou bien avec les Allemands, ou alors se rapprocher des États-Unis ». Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès du lse. La Bourse de Londres est très convoitée en ces temps de consolidation des places boursières, surtout depuis que le projet de fusion avec Deutsche Börse a échoué, il y a deux ans.
Par ailleurs, les bourses sont, aujourd’hui, de plus en plus mondiales. Les marchés allient leurs efforts dans une économie de plus en plus globalisée. Ils cherchent aussi par ce biais à proposer des services meilleur marché, notamment en abaissant le montant des commissions qu’ils touchent sur les transactions, conformément au souhait des investisseurs. En 2000, le lse n’a pas non plus donné suite à une tentative d’offre publique d’achat (Opa) de la part d’OM, propriétaire de la Bourse de Stockholm.
L’an dernier, l’Ise a subi un revers quand Euronext a remporté l’appel d’offres pour le marché londonien des produits dérivés, le Liffe, pour lequel le lse était aussi candidat. Si l’on assiste à un mouvement de concentration des bourses à l’échelle régionale, il semble improbable qu’on aboutisse un jour à une bourse mondiale unique, comme l’ont imaginé un temps les experts. Ils estiment aujourd’hui qu’une telle «super place financière» n’obtiendrait jamais l’agrément des autorités de tutelle, pour des raisons de concurrence.
L’information sur les discussions entre le Nasdaq et le lse risque de stimuler d’autres appétits et de lancer d’autres candidats dans la bataille, ajoutent banquiers et analystes. «Dès qu’ils annonceront leur fusion, ce sera chacun pour soi avec une vague de «contre Opa» (sur le lse). L’opération prendrait alors la forme d’un appel d’offres comme pour le Liffe, et dans ce cas de figure, il y a fort à parier que le Nasdaq perdra toute chance de l’emporter», imagine une source bancaire.
Les capacités de trésorerie de ce marché américain sont en effet limitées. Les banques-conseils sont Lazard et Dresdner Kleinwort Wasserstein pour le Nasdaq, et Merrill Lynch et Hawkpoint pour le lse.

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