Une cartographie de la pauvreté

Une cartographie de la pauvreté

C’est une méga-campagne de communication celle que compte lancer le HCP. Axée sur les médias de masse et le hors médias, cette campagne s’étalera en deux phases : pré-lancement du 16 juin au 16 juillet et une phase de lancement du 15 août au 15 septembre.
Le but est de communiquer avec les citoyens dans leur diversité sociale et régionale et les informer des dates et des objectifs du recensement. Parallèlement, le HCP vient de publier, à cette occasion, les résultats préliminaires de l’enquête nationale sur la consommation des ménages et les chiffres actualisés de la pauvreté. Un parallèle qui n’est pas dénué de sens : pour le HCP, l’objectif à terme est de combiner les résultats de l’enquête avec ceux du recensement de septembre pour disposer d’une cartographie précise de la pauvreté au Maroc.
Cette carte devra ainsi permettre de savoir où se trouve exactement la pauvreté et à quel niveau. Une démarche fondamentale qui devra permettre aux gestionnaires de la choses publiques de planifier les dépenses sur la base d’un outil de statistique clair et scientifique. À ce stade, les seuls résultats disponibles se rapportent aux dépenses des ménages, aux disparités sociales et à la pauvreté monétaire. Ainsi, la dépense annuelle moyenne par personne a augmenté en DH constant de 6.876 DH en 1985 à 8.280 en 2001 à l’échelle nationale, enregistrant un taux d’accroissement annuel moyen de 1,2%.
Ce taux d’accroissement est de 0,7% en milieu urbain et de 0,6% en milieu rural.
De 1959 à 2001, les dépenses de consommation par habitant ont doublé (2,1) dans les zones urbaines et se sont accrues de 1,6 fois dans les zones rurales. La structure de la consommation, elle, s’est qualitativement améliorée.
La part des produits de première nécessité dans le budget des ménages est passée de 55,9% en 1985 à 46,1% en 2001.
La part des dépenses relatives à la santé, l’enseignement, la culture, le transport et aux loisirs poursuit son augmentation, passant de 18,8% en 19985 à 28% en 2001.
S’agissant du taux de la pauvreté, celui-ci a reculé de 55,7% en 1959 à 25,5% en 1985 pour se situer à 17,8% en 2001 à l’échelle nationale. Selon le milieu de résidence, ce taux s’est respectivement fixé à 43,8, 16,5 et 9,6% en milieu urbain et à 60,0, 32,4 et 28,8% en milieu rural. Le HCP explique dans ce registre que pour réévaluer la pauvreté monétaire conformément aux recommandations des institutions internationales, et pour garantir la comparaison des taux nationaux de pauvreté à ceux des pays comparables, la mesure de la pauvreté a été affinée par la prise en considération de l’économie d’échelle réalisée par les ménages marocains. L’utilisation de ces échelles dans la réévaluation de la pauvreté montre que l’amélioration quantitative et qualitative de la consommation des ménages s’est conjuguée à l’atténuation des disparités pour donner lieu à une régression significative de la pauvreté.
À l’échelle nationale, la pauvreté de masse qui prévalait au cours des années 60 et 70 a été progressivement réduite à une pauvreté relativement limitée au début 2000. le taux national de pauvreté relative s’est établi à 13,7% en 2001 contre 17,3% en 1999, 23,5% en 1985, 42,3% en 1971 et 53,4% en 1959. Sur le plan régional, le taux de pauvreté relative en 2001 reste particulièrement limité dans les régions du Grand-Casablanca ( 1,6%) Rabat-Salé-Zemmour-Zaër (7,0%) et dans les régions de Oued Ed-Dahab-Lagouira, Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et Guelmim Es-Semara (7,6%). Cependant, l’indice de la pauvreté relative reste particulièrement élevé dans les zones rurales des régions de Meknes-Tafilalet (39,8%) ou encore Marrakech-Tensift Al Haouz (26,3%).

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