Une feuille de route pour Fès

Une feuille de route pour Fès

L’étude du Plan de Développement Régional de Fès, réalisée par le cabinet Tourisme & Leisure pour la modique somme de 3 millions de dirhams et soumise à l’approbation du ministère du Tourisme depuis le 24 décembre 2004,  sera finalement signée le 25 de ce mois. D’ores et déjà on sait de source locale  que la CDG jouera un grand rôle dans l’exécution de ce chantier qui,  conséquence du retard, s’étendra jusqu’à l’horizon 2014.
Que contient donc ce document de si décisif pour permettre à la cité millénaire d’opérer enfin son tournant historique ? L’étude dont ALM détient copie traite du produit à la base, en partant d’un plan d’aménagement touristique parfois en conflit avec le plan d’aménagement en vigueur.  Le PDR, bien détaillé, divise la ville en deux zones: l’unité d’aménagement touristique «Oued Fès» et l’unité d’aménagement touristique «Ouislane». Pour chaque partie, le plan d’aménagement indicatif est suivi d’une étude de faisabilité économique et financière. Sur Oued Fès et ses 198 hectares, soit le plus grand terrain municipal de la ville,  960 lits sont prévus contre 2140 lits pour Ouislane.
Le premier site sera positionné sur le segment hôtelier moyen, permettant ainsi une diversification de l’offre hôtelière de Fès caractérisée jusque-là par un alignement sur le haut de gamme. Le projet prévoit autour de l’Oued la création d’un lac de 16 hectares, permettant de réalimenter en eau certains éléments de la Médina. Les unités d’aménagement touristique seront installées entre le grand parc public (85 hectares) et le lac.
En tout, sur Oued Fès ce sont trois unités hôtelières (deux hôtels quatre étoiles de 150 chambres chacun et un trois étoiles de 180 chambres) qui seront construites sur une surface plancher de 27 000 mètres carrés. Sur le Résidentiel golf, 50 villas et 212 appartements (côté lac) sont prévus dans un premier temps en attendant plus de définition sur le Résidentiel de la Municipalité, le long de la route de Meknès. Trois cafés, 3 restaurants, 2 commerces forment la partie animation sur la presqu’île. Sur le volet activités et spectacles, l’étude reste vague.
En tout, la partie hôtelière occupera 41% contre 59% pour le résidentiel. La vocation du site impose de faibles densités et des constructions ne dépassant pas R + 2. Mais, comme le rappelle un promoteur touristique de la région, le vrai problème de ce plan d’aménagement sera l’apurement du foncier. «Les Fassis considèrent souvent que leurs terres valent celles de la Mecque.
Il en est ainsi depuis Idriss 1er. Les aménageurs se sont toujours heurtés au foncier ? » C omment le PDR a essayé de contourner cette problématique ? D’après Driss Faceh, président du Conseil Régional du Tourisme, le foncier est résolu : «sur Oued Fès, il s’agit d’un terrain communal en général qui ne pose pas de problème. Par contre, sur Ouislane, certains terrains appartiennent à des privés. Mais là aussi, il n’y aura pas de tracas ». Malgrès ces propos rassurants, Oued Fès et Ouislane ne sont pas exempts de risques de «querelles foncières». Sur le premier site, la répartition parcellaire de l’assiette foncière montre que les 198 hectares sont répartis entre 12 titres ou réquisition différents. La majeure partie de l’assiette foncière appartient à la municipalité de Fès, elle sera cédée à l’aménageur au dirham symbolique. Le reste, propriété de l’ONCF, sera cédé à l’aménageur à un prix de 20 dirhams par mètre carré, prix prévisionnel indiqué dans l’étude de faisabilité financière..
Cette zone ferroviaire (51 hectares) doit être partiellement délocalisée. Une fois récupéré, le site pourra accueillir un parcours de golf de 9 trous couplé avec des résidences touristiques de haut de gamme. Le futur aménageur développera et exploitera le golf pendant cinq ans jusqu’à la cessation de toutes les parcelles résidentielles, puis le cédera à un tiers. Côté environnement, l’Oued Fès a un débit très faible du fait de la surexploitation de la nappe phréatique. Comment fera-t-on avec les hôtels et les terrains de golf ?
Par ailleurs, en plus d’une électrique qui traverse une bonne partie du terrain municipal, deux chantiers arrêtés, à savoir un stade et une salle couverte, sont abandonnés béants depuis les années 70.
L’étude note que le chantier interrompu du stade pourra être réactivé pour recevoir le Grand Spectacle de Fès, destiné aux spectacles nocturnes et festifs en plein air. Quant à la structure du chantier interrompu du palais des sports, elle pourra recevoir une grande salle polyvalente pour les congrès, les spectacles, les concerts. Concernant le site Ouislane, morcellé en 15 propriétés, la viabilisation du foncier risque d’être difficile. Au moins 7 parcelles appartiennent à des particuliers, mais sans immatriculation.
Le reste appartient à des familles, des entreprises et parfois à l’administration (logements militaires). Le site se trouve dans une zone de grande sensibilité visuelle, avec une pente de 15% qui limite, note l’étude, la capacité d’accueil conditionne les options architecturales. Des mesures particulières seront nécessaires vu la proximité des carrières, des potiers et de l’habitat clandestin . En principe, c’est ce site de Ouislane, surplombant la Médina de Fès, principale ressource touristique de la ville, qui sera developpé en premier. Les travaux d’aménagement devront débuter dès l’année prochaine. Le coût d’acquisition du foncier risque d’être relativement important. L’aménageur développeur assurera la construction du palais des congrès (6 400 mètres carrés, 2 500 places), et du centre commercial.
Le concept de développement du site de Oued Fès prévoit, quant à lui, une valorisation partielle sur le plan hôtelier. Les auteurs de l’étude qui n’ont pas mentionné le terme «ville culturelle » concèdent quand même à Fès sa «vocation d’espace ludique, d’animation et de loisirs ». D’où le choix pour certains aménagements lourds (golf, lac, parcs et espaces verts…). De tels aménagements sont jugés indispensables.
Sur la base de ses besoins, le projet Oued Fès consiste en un plan de développement touristique ambitieux reposant sur un pôle hôtelier pouvant doubler de capacité dans le futur. Ce pôle hôtelier sera revalorisé grâce à des aménagements et infrastructures touristiques (golf, parc, lac, espaces verts) pouvant faire figure de principal moteur du projet Oued Fès. Le volet résidentiel a été annexé à l’ensemble pour des critères de rentabilité. L’aménagement tient en compte de la situation centrale de Oued Fès, caractérisée par la traversée de la rivière et la présence de plantations, lui conférant une vocation de «grand parc de la ville », vocation où le tourisme peut se greffer naturellement.
Quant au site Ouislane, il est le seul site disponible en «amphithéâtre » sur la médina. C’est le seul endroit vierge qui domine la médina et Fès-Jdid, note l’étude. La zone accueillera trois hôtels cinq étoiles (450 chambres) et trois hôtels quatre étoiles (620 chambres). Quelque 116  villas (R+ 3 à R+5), 184 appartements (R1 et R2) forment le résidentiel. En plus des cafés, des restaurants, des commerces, des centres de congrès, une esplanade…

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