Une grande partie des entreprises féminines n’est pas bancarisée

Une grande partie des entreprises féminines n’est pas bancarisée

La BERD a diagnostiqué le marché de l’entrepreneuriat féminin au Maroc

50% des femmes dans le formel font preuve d’un bon usage bancaire professionnel. Cette part recule à 12% lorsqu’il s’agit des femmes qui exercent dans le secteur informel.

Sur 27% de femmes actives, seules 10% ont choisi d’entreprendre. Un taux qui reste minime par rapport à la capacité managériale de ces femmes. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement identifie dans ce sens un potentiel à terme de 41%. La BERD a en effet mené une étude pour identifier les segments de marchés des femmes du Maroc, étudier les stratégies possibles et lancer un modèle opérationnel. Cette étude ayant ciblé 809 entrepreneurs dont 51% de femmes relève en effet le gap existant dans cette sphère, notamment sur le plan financier.

Il ressort dans ce sens que 230.000 entreprises dirigées par les femmes au Maroc ne sont pas bancarisées dans la mesure où elles ne disposent pas de compte bancaire professionnel. C’est ce qu’a souligné Lamia Daraji, responsable d’investissement au sein de la BERD, en présentant les résultats de cette étude, en marge d’une rencontre organisée conjointement par BMCE Bank of Africa, la BERD et l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (AFEM). Parmi les conclusions tirées, on relève un taux de 83%. Il réfère en effet à la proportion des femmes qui agissent dans le secteur formel. 73% d’entre elles opèrent dans les Très petites et moyennes entreprises (TPME). «Ces femmes représentent un potentiel bancaire énorme. Le besoin de financement est de 862 millions d’euros à terme, représentant ainsi 195 millions d’euros de recettes par an», explique la représentante de la BERD. Et de préciser que répondre aux besoins financiers professionnels et familiaux de ces femmes augmenterait de 26% les revenus bancaires au Maroc. En termes de rentabilité, la visibilité de ces femmes est bonne.

L’étude de la BERD démontre que la probabilité de défaut des femmes entrepreneurs est inférieure de 3,5% de celle des hommes.  En analysant par segment, on observe que les femmes opérant dans le secteur formel sont une cible facile à atteindre par les banques commerciales. Ceci revient à leur compréhension des offres bancaires. La BERD relève ainsi un taux de 38% au sein des femmes entrepreneurs du secteur formel au moment où seulement 8% des femmes opérant dans l’informel assimilent les produits financiers. A cet égard, un important écart est à relever. 50% des femmes dans le formel font preuve d’un bon usage bancaire professionnel. Cette part recule à 12% lorsqu’il s’agit des femmes qui exercent dans le secteur informel. Interrogées sur les motivations d’entreprendre, 72% des femmes dans le formel assurent qu’elles ont franchi le pas par choix tandis que 52% des femmes opérant dans l’informel déclarent entreprendre par nécessité. En dépit de leur secteur d’activité, la sphère personnelle des femmes entrepreneurs a un fort impact sur la sphère professionnelle. Bien qu’elles soient actives dans des pôles stratégiques, la sous-représentativité de ces femmes limite leur contribution à la sphère socio-économique. Et pour preuve, seulement 4% des femmes dirigeantes sont à la tête des 100 grandes entreprises. De même, 8% de femmes font partie des différents conseils d’administration. De plus 13% des équipes dirigeantes sont des femmes.

Par ailleurs d’importantes barrières impactent l’émergence d’entrepreneuriat féminin au Maroc. Certaines sont communes aux hommes. Notons dans ce sens les retards de paiement, la compétition agressive et la lenteur et complexité administratives. Toutefois les barrières spécifiques aux femmes sont d’ordre financier ou encore culturel dont le manque de confiance à l’égard des femmes, et la difficulté d’accepter une femme comme étant supérieure hiérarchique.

BMCE Bank of Africa et l’AFEM scellent un partenariat

Cette rencontre a été couronnée par la signature d’une convention cadre liant la BMCE Bank of Africa à l’AFEM. Le but étant de faire bénéficier les adhérentes de l’AFEM des solutions d’accompagnement et de conseil développées par la banque. Selon la BMCE il s’agit d’un partenariat multidimensionnel en faveur des membres de l’AFEM.

Trois axes de collaboration ont été définis dans ce sens. Il s’agit en premier de l’accompagnement des membres et incubées de l’AFEM dans leurs projets de création et de développement, notamment la montée en compétence et la mise en réseau. La BMCE s’engage également à communiquer sur l’offre dédiée aux projets portés par des femmes, citons en l’occurrence le crédit adossé à Ilayki, le crédit pour auto- entrepreneur, avance amortissable TPE ou PM ainsi que le programme WIB à terme. Le volet formation est le deuxième axe de la convention. Il sera procédé ainsi à l’organisation de cycles de formation thématiques en faveur des membres et incubées de l’AFEM.

La finalité étant de développer leurs compétences et renforcer leur compétitivité à travers le Club PME ou le Club de l’entrepreneuriat. Les parties co-organiseront également des événements thématiques au profit des membres de l’AFEM.

Il est également prévu l’organisation de caravanes régionales, associant les partenaires pour sensibiliser aux offres de BMCE Bank et de l’AFEM ainsi que la tenue d’ateliers, débats et séminaires sur des thématiques d’intérêt commun et l’échange d’informations sectorielles et régionales.

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