Une machine bien huilée

La création d’entreprise fait-elle toujours recette chez nous ? Bien évidemment, répondent d’emblée les plus optimistes. Mais si l’envie de se mettre à son compte existe toujours, elle ne se traduit pas pour autant, encore moins de façon systématique, dans les faits. « Si vous offrez un emploi stable à un futur jeune entrepreneur, je suis sûr qu’il fera marche-arrière », ironise un banquier. Selon lui, seuls des jeunes entrepreneurs convaincus par leurs projets vont jusqu’au bout.
On manque d’informations sur le nombre de structures créées par des jeunes entrepreneurs. De même en ce qui concerne leur profil. D’où la nécessité de la mise en place d’un observatoire qui recense les projets et leur nature.
A en juger par les propos de plusieurs responsables au sein des banques, ils sont pour la plupart des diplômés de grandes écoles de commerce et de gestion. Les créateurs d’entreprises occupent souvent un premier emploi, généralement dans un secteur proche de celui où ils veulent voler de leurs propres ailes. Animé par le goût du risque, le jeune entrepreneur cherche avant tout l’indépendance.
S’installer à son propre compte n’est pas une mince affaire, compte tenu des enjeux qu’une telle démarche implique. Les plus chanceux profitent des relations de leur entourage familial pour leur faciliter l’ensemble des démarches. Une première expérience professionnelle est vivement conseillée avant de se lancer dans l’entreprenariat. La préparation du projet et surtout la façon de l’aborder diffère selon l’expérience de chaque prétendant. Avant de démarrer leur affaire, les lauréats de grandes écoles réalisent des études de marché et effectuent des simulations financières.
Selon des responsables contactés auprès des institutions bancaires, le niveau financier (enjeux, investissement…) de leur projet est plus élevé. Ils recourent dans la majorité au crédit classique. S’il existe plusieurs organismes qui assistent et accompagnent les porteurs de projets (de grands efforts sont faits dans ce domaine), l’entourage joue un rôle d’appui pour les jeunes créateurs d’entreprise. Rares sont les jeunes promoteurs qui s’appuient sur l’expertise des organismes spécialisés. Pourtant, de telles structures leur facilitent les démarches auprès des banques, de l’administration, la recherche d’aide, le montage juridique, etc.. On se demande alors, pourquoi ils ne recourent pas à ce genre d’organismes. Peut-être pour réduire les coûts de leur investissement. C’est fort compréhensible. En tout cas, la création d’entreprise doit nécessairement bénéficier d’un dispositif d’accompagnement. D’où l’utilité d’instaurer des modules de formation dans ce sens dans les organismes de formation (études de marché, évaluation des potentiels et des besoins du projet, faisabilité technico-économique, business-plan, recherche de partenaires). «Plus un projet est accompagné dès sa conception, plus il a des chances d’aboutir », soutiennent des banquiers. Un dispositif d’accompagnement incontournable, mais il n’est pas suffisant. Il faut admettre que l’entrepreneuriat ne se limite pas à la création d’entreprise. L’enjeu, c’est de développer la culture d’entreprenariat chez les jeunes qui sauront le développer au sein des entreprises qui les emploieront. Ils sauront s’épanouir dans des structures existantes où ils développeront un projet, se créeront leur autonomie et fédéreront des équipes.» Promoteurs d’activités nouvelles, innovateurs, développeurs de chiffre d’affaires, ces jeunes diplômés, devenus «entrepreneurs en interne», sont très attendus dans les entreprises dont ils assurent en partie la performance.
Une chose est sûre : les futurs dirigeants de nos grandes entreprises sont aujourd’hui cadres supérieurs. Ils se forment, se rompent aux responsabilités, emmagasinent de l’expérience et viendront, dans quelques années, prendre avec plus d’assurance que leurs aînés les rênes des entreprises. » Pour certains entrepreneurs, la création d’entreprise constitue une aventure personnelle. Pour les autres, il s’agit d’une consécration professionnelle. Reste toutefois à dire que la sécurité du salariat, attirent plus les jeunes diplômés. Rares d’entre eux qui se privent de ce confort pour se mettre à leur compte.
Compte tenu de la nature du dispositif d’accompagnement actuel, celui-ci est censé rendre la création d’entreprise un exercice plus sécurisé. En attendant, les crédits jeunes promoteurs ne sont pas légion. La Charte de la PME/PMI devait, en principe, stimuler la création d’entreprise. Les banques restent pour le moment très prudentes.
Selon la Charte, les banques assureront un financement unique à concurrence de 90% des projets d’investissement. La durée du remboursement, quant à elle, est de sept années minimum. En ce qui concerne le taux d’intérêt, il serait fixé en fonction de la nature sociale du crédit et du Fonds de garantie de l’Etat. Ce fonds couvre à hauteur de 85% le risque bancaire. Les institutions bancaires sont censées alors jouer le jeu. Elles restent vigilantes pour le moment.

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