Une mission amicale

Entre le Maroc et le Québec, il faut bien admettre qu’en dépit des déclarations de bonnes intentions pour promouvoir les échanges, la coopération économique est loin d’atteindre des niveaux satisfaisants. Au début des années 90, le volume des échanges commerciaux entre les deux partenaires a atteint un niveau record de 540,9 millions de DH.
Depuis cette période, la tendance des flux commerciaux s’est inscrite sur une note baissière pour atteindre en 1999, 406,6 millions de DH. En 2000, le volume des échanges a atteint près de 330 millions de dollars. Comment alors faire face à cette situation et rehausser les échanges commerciaux entre les deux parties ? Pour ce faire, Pauline Marois, vice-Premier ministre du Québec entame une visite au Maroc à partir d’aujourd’hui jusqu’au 16 mai. Elle sera accompagnée lors de son séjour par une forte délégation constituée notamment de Gilles Godbout, sous-ministre au département des Finances, Georges Felli, du ministère de l’Industrie et du Commerce, Bertrand Juneau, adjoint au financement, à la gestion de la dette et aux opérations financières au ministère des Finances, Antoine Samuelli, délégué au Québec pour le Maroc, la Tunisie, l’Egypte et le Moyen-Orient. Plus d’une vingtaine d’entreprises québécoises prendront également part à cette visite opérant dans les domaines des technologies de l’information, de l’environnement, de la construction et des infrastructures.
La visite de Mme Marois s’inscrit dans le cadre d’une mission économique et politique du Québec au Maroc. Lors de sa visite, la vice-Premier ministre rencontrera Fathallah Oualaou, argentier du Royaume ainsi que le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Mohamed Sekkat. Elle fera le point également sur la vision de son gouvernement concernant le co-développement, la co-génération de la richesse ainsi que le partage équitable des ressources et du savoir.
A ce niveau, il faut reconnaître que le Maroc a beaucoup de choses à apprendre de l’expérience québécoise. Le voyage de Mme Marois sera également l’occasion d’évaluer les programmes marocains de développement durable essentiellement dans les domaines de la santé et de la justice et qui bénéficient de l’assistance des experts des institutions universitaires. A la lecture du programme de cette mission, tout porte à croire que les hauts responsables québécois cherchent à booster les échanges économiques avec le Maroc. En 2001, les exportations du Québec vers le Maroc ont atteint 13,7 millions de dollars canadiens contre 12 millions en 2002. L’essentiel des produits exportés du royaume porte sur les matières en bois brut (35%) et les légumes et préparation de légumes (12%). Quant aux importations du Québec en provenance du Maroc, elles se sont établies en 2001 à 47 millions de dollars canadiens (44 millions de dollars en 2000).
Les principaux produits marocains importés sont les fruits (43%), les tubes électriques et semi-conducteurs ( 20%) et les minéraux non-métalliques (10%). A voir de plus près ces chiffres, il ressort que le potentiel des échanges économiques entre le Maroc et le Québec est important. Tout dépend maintenant de la volonté de ce dernier d’ouvrir davantage ces portes pour les opérateurs marocains en quête de nouveaux marchés.

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