Une nouvelle approche touristique détaillée par Mohamed Sajid

Une nouvelle approche touristique détaillée par Mohamed Sajid

Pour remédier aux failles de la vision 2020

Bien qu’elle se soit montrée résiliente, la destination Maroc n’a toujours pas atteint son rythme de croisière. Le taux d’évolution est en deçà des aspirations des professionnels. Il se situe autour d’une moyenne annuelle de 1,8% sur la période 2010-2016.

Les indicateurs du secteur toujours sur leur trend haussier. A fin août, les recettes touristiques générées ont atteint les 4,5 milliards de dirhams, en progression de 5% par rapport à l’année passée, illustrant ainsi la visite de 8 millions de touristes (+10,4%), soit 14,7 millions de  nuitées réalisées au niveau des établissements hôteliers classés du Maroc depuis le début de l’année 2017 (+15%). Toutefois, cette performance ne conforte pas la vision des opérateurs de ce secteur qui reste fragile aux face aléas conjoncturels aussi bien internes qu’externes. Bien qu’elle se soit montrée résiliente, la destination Maroc n’a toujours pas atteint son rythme de croisière. Le taux d’évolution est en deçà des aspirations des professionnels.

Il se situe autour d’une moyenne annuelle de 1,8% sur la période 2010-2016. Un constat qui partagé par le ministre de tutelle en personne lors du Conseil de gouvernement tenu jeudi 5 octobre à Rabat. A l’ordre du jour de la réunion ministérielle, un exposé détaillé relevant l’état des lieux d’un secteur ayant atteint un chiffre d’affaires de 115 milliards de dirhams en 2016 contribuant ainsi à hauteur de 7% au PIB national, et générant 2,5 millions d’emplois directs et indirects.

Mohamed Sajid, ministre du tourisme, du transport aérien, de l’artisanat et de l’économie sociale, a pointé du doigt les principales failles qui entravent le développement du secteur. Des faiblesses qui concernent principalement les modèles de gouvernance et d’investissement. C’est autour de ces lacunes que le ministère de tutelle compte bâtir sa nouvelle vision. Une vision qui viendra renforcer la feuille de route établie pour l’horizon 2020 et qui malheureusement n’a pas porté ses fruits en dépit de la multiplicité des actions. Et pour cause: les efforts consentis et ressources mobilisés semblent être éparpillés. La gouvernance du secteur est pour sa part incompatible avec les aspirations de la vision 2020. L’urgence étant de restructurer la gouvernance du secteur aussi bien au niveaux local que national, et ce à travers l’activation du Conseil supérieur du tourisme, de la Commission interministérielle du tourisme et du renforcement de la synergie public-privé. Le ministre du tourisme mise également dans sa nouvelle feuille de route sur l’intégration des objectifs des 15 contrats-programmes régionaux relatifs au secteur du tourisme dans la dynamique régionale du Maroc. Seulement 44 projets ont été réalisés, dans ce sens, depuis le lancement de la vision, ne représentant ainsi que 5% des investissements initialement prévus (1.000 projets).

De même, l’élan d’investissement serait au ralenti. En termes de montant investi, 46 milliards de dirhams ont été débloqués, soit 26% des engagements fixés dans le cadre de la vision 2020 (177 milliards de dirhams). L’investissement mobilisé se compose comme suit : plus de 5 milliards de dirhams du budget général de l’Etat (contre 32 milliards de dirhams initialement prévus). Et 800 millions de dirhams ont été débloqués du  Fonds pour le développement économique et social contre une enveloppe initiale de 5 milliards de dirhams. Le secteur privé a injecté dans le tourisme national en six ans 40 milliards de dirhams contre des engagements de 140 milliards de dirhams.

En parallèle à la gouvernance et l’investissement, la nouvelle approche de Mohamed Sajid pour le secteur du tourisme devrait également agir sur l’offre et la demande. Le défi étant de promouvoir le tourisme intérieur, de consolider la logistique du secteur, notamment à travers le renforcement des liaisons aériennes et d’accélérer la concrétisation de projets structurants. Le ministre appelle par ailleurs à restructurer le pôle formation et valoriser la filière tourisme offrant ainsi au secteur des profils qualifiés à l’image de la destination Maroc.

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