Une nouvelle race d’entrepreneurs

Une nouvelle race d’entrepreneurs

Suivant l’angle où l’on se place, le volume des investissements à répertorier dans la catégorie des investissements arabes peut fluctuer. Dans les statistiques de la Direction des Investissements qui met en avant l’origine des fonds et non la nationalité de l’investisseur, les investissements arabes représentent jusqu’aux tiers des fonds investis au Maroc. Par contre, pour l’Office des changes, qui fait état de 750 millions de dirhams d’investissements arabes l’année dernière, la part des Arabes est inférieure à 15% du total investi au Maroc. N’empêche, aujourd’hui, le plus grand investisseur arabe au Maroc est un groupe arabe, en l’occurrence le groupe Dallah Baraka qui, avec 1,5 milliard de dirhams d’investissements, n’est devancé que par quelques opérations de privatisations du genre Maroc Telecom. Le Tourisme reste, avec l’immobilier, la destination de prédilection des investisseurs arabes. C’est d’ailleurs dans l’immobilier que Corral, autre gros investisseur, présent dans le capital de la Samir, entend mener ses premières expériences de diversification. Le groupe suédo-saoudien est entré dans le capital de l’Amphitrite Palace et de l’hôtel Samir Hôtel. Il rejoint dans ce registre la société Nesco, groupe du saoudien Omar Saleh Al Hamdy, l’une des dernières venues au Maroc mais dont les investissements prévus à Agadir, Marrakech et Casablanca pourront atteindre bientôt le milliard de dirhams. Outre un chantier de 400 millions de dirhams pour la construction d’un établissement de luxe de 290 chambres qui sera géré par l’Allemand Kempinsky, Nesco compte démarrer bientôt la construction d’un établissement à Marrakech pour un montant de 300 millions de dirhams. Le gestionnaire est déjà trouvé : ce sera le groupe continental. En outre, des pourparlers sont en cours à Casablanca pour l’acquisition d’un autre terrain devant servir aussi de site pour ce qui sera certainement le plus grand hôtel de luxe de Casablanca. Présent en Egypte, au Liban, Nesco a ouvert deux représentations à Casablanca et à Marrakech. Quant au CMKD, consortium Marocco-koweïtien du développement, sa présence au Maroc ne remonte pas à aujourd’hui. Pour l’année 2003, le groupe a affecté 250 millions de dirhams pour la rénovation de ses sites. Les nouvelles orientations vont vers l’immobilier. Environ 215 millions de DH seront consacrés à ce secteur pour les projets « Diar 4 » en finition, le « Diar 5 » et la Résidence Al Manar 3 » à Casabblanca. Autre groupe arabe présent au Maroc, la SOMED, société maroco-émiratie pour le développement et présent aussi dans la pêche, les assainissements des eaux. Très discrète, il s’agit pourtant d’une entreprise très dynamique, propriétaire d’un important fond hôtelier (les ex-Almohades loués au groupe Accor). Pour l’année en cours, le groupe avait annoncé son intention d’augmenter son capital de 30 à 95 millions de dollars. Egalement présent au Maroc depuis de longues années, l’émirati Liwa group International, propriétaire de trois établissements hôteliers au Maroc dont le plus important en lits, le Sheraton Marrakech qui compte 700 chambres. Parmi les nouveaux venus s’installer au Maroc, rares sont ceux qui s’aventurent en dehors des secteurs classiques. Les Télécoms, les NTI et l’informatique, économie de demain, attirent peu de candidats. L’on peut donc dire à juste titre que le saoudien Inmaa Holding, l’un des derniers venus, avec dans ses valises un capital de 200 millions de dirhams, a emboîté le pas aux anciens en investissant lui aussi dans le tourisme. Tout comme Myfair, des promoteurs d’origine irakienne, qui se sont lancés comme Biladi dans les BTP avec un capital de 4 milliards de dirhams. Reste à savoir s’il existe des moyens de rendre les autres secteurs attractifs pour les investisseurs arabes qui s’intéressent avant tout aux investisseurs fortement rémunérateurs sur une courte durée. Là est toute la difficulté.

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