Une restructuration qui roule

Une restructuration qui roule

Quel avenir pour le secteur automobile au Maroc ? C’est la question à laquelle une étude de BMCE Capital a tenté de répondre. Une étude parue au mois de novembre et consacrée à l’analyse de ce secteur. On peut y lire que le parc automobile comprend près de 1,7 million de véhicules. Le nombre de voitures en circulation a enregistré une hausse considérable durant la décennie 90, affichant un Taux d’accroissement annuel moyen -TCAM- de 5,8%, pour atteindre 1 675 457 véhicules en 2000. Ce parc est composé à hauteur de 80 % environ des véhicules dont la moyenne d’âge dépasse les 10 ans. Cette situation s’explique par le fait que durant les années 80 et la première moitié des années 90, le Maroc est devenu un marché de prédilection des voitures d’occasion importées d’Europe. De plus, son activité de montage n’a pas connu le développement escompté. Le montage local souffre d’un manque de compétitivité pour deux raisons principales. La première en est que le niveau d’intégration insuffisant et l’absence d’effet d’échelle lié à la production en petite série. Pour l’année 2002, le nombre des nouvelles immatriculations des Voitures Particulières -VP-et des Véhicules Utilitaires Légers -VUL- s’est élevé à 47 859 unités contre 46 542 en 2001, soit une progression de 2,8 %. Quatre constructeurs se partagent ce marché : les Français Peugeot, Citroën et Renault et l’italien Fiat. Le développement limité du marché marocain s’explique principalement par la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages. L’acquisition d’un véhicule est toujours assimilée à un luxe que ne peuvent s’offrir la majorité des Marocains. Toutefois, le démantèlement des droits de douane induit par l’entrée en application, à partir de 2012, de l’accord de libre-échange avec l’UE devrait aboutir à une baisse des prix des véhicules et à une redynamisation du marché. L’accord prévoit à partir de 2003 une réduction annuelle progressive des droits de douane sur les véhicules importés montés, de l’ordre de 35% initialement, pour leur annulation totale en 2012. L’élargissement du marché intérieur pourrait en être la principale conséquence. L’éviction des véhicules montés au Maroc est également sur la bonne voie. Cette diminution des tarifs douaniers sur le neuf importé a été accompagnée par une forte augmentation de ces mêmes droits sur l’occasion importée. Cette mesure a permis de ramener le nombre d’immatriculation de véhicules usagers de près de 90 000 avant 1994 à moins de 9 000 en 2002. L’instauration de la ZLE présente également des opportunités à l’industrie automobile marocaine dans la mesure où elle offre un accès direct au vaste marché européen. Le Maroc pourrait profiter des délocalisations dans l’industrie de sous-traitance automobile et capter une bonne partie des investissements directs à l’étranger dans ce domaine. Par ailleurs, l’expérience de la Somaca avec son nouvel actionnaire de référence Renault, serait fortement suivie par les principaux constructeurs internationaux à partir de 2005. À partir de 2010, le marché marocain devrait monter à 100 000 véhicules neufs par an contre un peu moins de 60 000 actuellement. À cet horizon, le parc automobile serait porté à 2,2 millions d’unités.

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