Une retraite pour les petits métiers

Une retraite pour les petits métiers

L’un des engagements du ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Mise à niveau de l’économie, Salaheddine Mezouar, lors du 2ème congrès du Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD) le 17 juin dernier, a immédiatement été suivi d’effet. Sur proposition du CJD, le ministre a donné son accord pour l’expérimentation d’un projet novateur, sinon révolutionnaire. Il s’agit de la mise en place d’un système de retraite et de couverture sociale universelle, pour les Très Petites Entreprises (TPE), prestataires de services et assimilés.
L’idée est d’arrêter un projet global afin de présenter le concept lors des prochaines assises de l’emploi. La ville de Casablanca serait le laboratoire d’essai de ce nouveau mode de couverture sociale qui, une fois généralisé, débarrasserait le Maroc d’un problème de non-couverture sociale d’une population comprise entre 3 à 5 millions. La phase-réflexion sera menée conjointement par le ministère, représenté par la direction du commerce intérieur, sous la tutelle de Mounia Boucetta et du CJD, représenté par son vice-président Zakaria Fahim ainsi que d’Amine Jamai, membre actif du CJD et initiateur du projet. «Notre objectif primordial est de trouver une solution adaptée pour une population dont l’avenir est non sécurisé.
Tout en ne représentant qu’un coût minime pour l’Etat, notre projet vise à redonner confiance à toute une population dont la dignité a été bafouée», précise Amine Jamai. Généralement, cette population est non bancarisée, vivant au jour le jour, sans protection sociale et sans retraite, ayant des revenus variables, des fluctuations en termes d’activité, ne pouvant offrir des services aux entreprises (problème de facturation) et n’ayant pas accès à la formation continue.
Le principe retenu pour ce nouveau concept consiste en la mise en place d’un système de bon de paiement social (sous forme de ticket comportant 2 parties), payable à vue dans toutes les agences bancaires du Royaume. «Ce mécanisme sera opérationnel après une période pilote instituée pour permettre aux bénéficiaires du ticket d’accéder à un système de prévoyance sociale et de se bancariser à terme», tient à préciser Zakaria Fahim.
Cette solution entend offrir un système de retraite et de couverture sociale universelle à ses bénéficiaires, en leur offrant des produits adaptés (en coût, et surtout en flexibilité de paiement) de mutuelle et de retraite. «Ce système permettra à terme,  d’accéder à ces produits en s’adressant à un réseau professionnel bénéficiant d’une couverture géographique nationale», explique Amine Jamai tout en ajoutant «la création d’une  société de gestion de fonds de prévoyance sociale des TPE prestataires de services» s’impose. Les architectes du projet tablent sur la création, à terme, du plus grand fond de pension au Maroc.  La montée en charge se ferait selon trois phases. D’abord, l’adhésion à un concept novateur, simple et crédible, qui se greffera sur des propositions actuarielles et commerciales de mutuelles et de retraites. Ensuite la mise en place de procédures annexes et créer la société de gestion du fonds de prévoyance sociale. Enfin, la promotion de la mise en œuvre du concept.
En plus du système de paiement, le projet vise aussi le référencement des différents prestataires de service. Un annuaire spécifique serait créé. En plus de faciliter le contact pour le prestataire, ce nouveau système lui ouvrira, à coup sur, de nouveaux marchés, les plus structurés essentiellement. Un effet, et non des moindres, est escompté : renseigner sur la profondeur des différents marchés. L’équilibre prévisible entre offre et demande est de nature à dégager une tendance globale sur le prix de la prestation.
De l’autre côté, l’entreprise trouverait, elle aussi, son compte. Le nombre de prestations non déductibles, à défaut de facture, deviendrait moindre. Bien évidemment, contre les abus, les initiateurs du projet pensent mettre en place des gardes-fous afin de limiter les abus.
Pour assurer le succès adéquat à la phase teste, le CJD compte faire appel à son réseau. Des entreprises seront sollicitées pour «jouer le jeu». Aussi, un Call Center serait mis sur pied. Son rôle d’interface dans la mise en contact est un levier essentiel du système.
Autre motivation, les initiateurs pensent proposer, à titre d’exemple, un système d’intéressement élaboré. Par exemple, il est question de mettre à contribution les médecins jeunes promoteurs, qui se  retrouvent avec des dettes envers l’Etat. Il est question de les solliciter pour réaliser des visites gratuites au profit des prestataires de service porteurs de tickets. En contrepartie, l’Etat pourrait annuler sa dette. «Nous sommes conscients du fait que le système est ambitieux. Mais au point où sont ces petits métiers, il faut oser. Le ministère du Commerce a bien voulu tenter l’expérience avec nous. Nous sommes confiants dans sa réussite», estiment les membres du CJD.

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