“une vision cohérente”

“une vision cohérente”

ALM : La région sort petit à petit de sa torpeur et retrouve son attractivité. Comment expliquez-vous cette nouvelle dynamique ?
Abdelhadi Benallal : Vous avez parfaitement raison de parler d’une nouvelle  dynamique. Car la région Tanger – Tétouan est en train de se repositionner en tant que véritable pôle de développement économique et social. Les mutations fondamentales que la région est en train de connaître sont dues, tout d’abord, à l’intérêt particulier que Sa Majesté le Roi  lui accorde. Les grands projets structurants auxquels Sa Majesté le Roi a donné le coup d’envoi sont de nature à engendrer des changements radicaux.
Le projet Tanger- Méditerranée représente, à cet effet, à lui seul, une grande opportunité de développement, compte tenu de ses multiples implications. Car, en outre du renforcement des équipements dont bénéficiera le territoire de la région, ce projet contribuera à l’amélioration de sa compétitivité. Sans oublier, bien entendu, que sa position géographique participera à la consolidation de l’identité méditerranéenne de la région, à un moment où le débat sur la Méditerranée n’a jamais été si intense ni si passionné.
Ce projet se veut par ailleurs intégré, ce qui fait également sa force. Car à côté du port, il y aura aussi une zone franche  logistique, des zones franches industrielles, une zone «duty free» et des infrastructures de connexion.

Si au niveau national, l’échéance 2010 est une date-clé, Tanger et sa région ont un rendez-vous primordial en 2007. Plusieurs projets arrivent à terme. Quel bilan d’étape en faites-vous ?
Il est vrai que l’année 2007 peut être considérée, à juste titre d’ailleurs, comme une date charnière, dans l’histoire de la région Tanger- Tétouan. Mais l’on peut dire aussi que la région vit d’ores et déjà  au rythme des projets qui arriveront à terme en 2007. Les différents opérateurs et acteurs socio-économiques semblent s’apprêter à intégrer cette nouvelle phase, d’autant plus que tout le monde semble être convaincu que les différents projets structurants se feront conformément à l’agenda prévu au départ. A-t-on besoin de rappeler  à cet égard que ces projets bénéficient de la sollicitude et du suivi par la  plus haute autorité du pays.
Il suffit peut-être de souligner que le Souverain a mis en place une commission qui lui soumet des rapports périodiques sur l’état d’avancement des travaux. Compte tenu de ces éléments, il nous est demandé à nous de réfléchir comment nous serons en mesure d’accompagner les différentes étapes de réalisation de ces projets, et je pense plus particulièrement à Tanger- Méditerranée, dont la réalisation engendrera, à noter sens des besoins en main-d’œuvre qualifiée et spécialisée et en adéquation avec des profils requis. A ce niveau, nous devrions nous inspirer des hautes orientations de Sa Majesté le Roi relatives à la qualification des ressources humaines
Ce qui implique que nous  devrions nous atteler à la définition des programmes de formation professionnelle qui permettront à nos jeunes d’avoir les profils demandés, pour l’intégration de tel emploi ou de tel autre. Il nous est également demandé d’associer les différents intervenants et opérateurs dans une réflexion sur les mesures à entreprendre, en vue d’assurer un développement durable et équilibré de l’ensemble du territoire de la région, et ce dans le cadre d’une vision alliant, à la fois le niveau national et celui international. Je dirais d’ores et déjà ( et ce sont des éléments auxquels je pourrai revenir dans la suite de cet entretien) qu’une liaison rapide Tanger-Tétouan est devenue une priorité, que la rocade méditerranéenne serait à même de donner, dans l’état actuel des choses, au projet Tanger- Méditerranée, toute sa mesure, dans le sens où elle participerait au développement d’un nouveau axe.

Sur le terrain, une certaine cohérence entre les différents chantiers est à relever. Comment se fait le pilotage des projets engagés ?
Pour ce qui est de la cohérence, il me semble que le projet Tanger-Méditerranée, tout comme les infrastructures de connexion, la question n’a pas à être posée.
Une commission ad hoc a été instituée, et se réunit de manière périodique pour dresser l’état d’avancement du projet, et formuler, s’il y a lieu, des suggestions et des recommandations qui s’imposent. Nous ne pouvons, au reste, que nous réjouir de l’approche qui fut adoptée dans le cadre de ce projet, dans la mesure où l’on ne se contente plus de collecter les avis et les appréciations des seuls techniciens directement impliqués dans la réalisation du projet Tanger-Méditerranée, mais l’on cherche également à  y associer les représentants de la population.
C’est une démarche qui permet donc aux différents acteurs de participer au débat, de prendre connaissance de l’état d’avancement du projet et de ses différentes implications.

Les différents chantiers de développement ouverts à Tanger et sa région préfigurent la région de demain. Quels en sont les contours selon vous ?
Pour répondre à votre dernière question, je reviendrais à ce que je viens de dire toute à l’heure sur les conditions d’un développement durable et équilibré de la région. J’entends dire par là que par rapport aux mutations remarquables que les différents projets en cours engendreront au niveau d’une partie du territoire de la région, l’on doit songer à contribuer à l’émergence  de projets qui ne laisseront pas les autres parties du territoire de la Région  en décalage.
Dans ce cadre, il ne faut pas négliger l’arrière plan de la région. Il faut concevoir pour les villes de cet arrière-plan un plan de développement qui leur permettraient d’accompagner cette dynamique, d’autant plus qu’elles recèlent toutes des atouts  et des opportunités non négligeables. Pour une ville telle que Tétouan par exemple, il faudrait songer  au rôle qu’elle pourrait jouer, en tenant en compte qu’elle peut constituer avec Tanger une aire métropolitaine. Mais cela impliquerait une réactualisation des schémas régionaux d’aménagement et la conception de plans de développement adéquats.. Il faudrait songer également  à une ville telle que Chefchaouen et le rôle qui pourrait être le sien comme ville-porte aux  circuits de tourisme rural et d’éco tourisme. Il ne faut pas oublier non plus des villes telles que Larache et Ksar El Kébir  qui pourraient constituer une réelle plate-forme agro-alimentaire. Je n’oublierai pas d’ajouter qu’il est temps de penser à un parc technologique  qui participerait à davantage d’ouverture de la recherche scientifique sur l’industrie. Je conclurais ma réponse en disant qu’au vu des programmes d’investissement et d’équipements d’infrastructures  qui sont  en cours, nos responsabilités en tant qu’élus ne peuvent que prendre davantage d’ampleur.

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