Une visite pour dissiper les craintes européennes

Le début des négociations ente la Turquie, serait-il pour le 12 décembre prochain, date de la tenue du Sommet de Copenhague. En tout cas, tel est l’espoir d’Ankara. L’adhésion à terme de la Turquie à l’UE avait été lundi soir au centre des entretiens du président du parti turc de la justice et du développement (PJD), qui a remporté les dernières élections législatives, Recep Tayyip Erdogan, avec les hauts responsables allemands, notamment le chancelier Gerhard Schroeder et son ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer.
Ces entretiens, tenus à Berlin, interviennent quelques jours après les déclarations du président de la Convention européenne, l’ancien président français, Giscard d’Estaing, où il a manifesté ses réserves, voire son refus, face à une adhésion de la Turquie. Le chef de la diplomatie allemande, qui conditionnait une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union à une amélioration de la situation des droits de l’homme, souhaite lui aussi que le sommet de Copenhague délivre un signal clair en direction de la Turquie.
Le conseil des ministres de l’union n’avait pas pu s’entendre sur la fixation d’une échéance pour le démarrage des négociations avec la Turquie.
Donnant d’emblée le ton à l’orientation européenne d’Ankara, le président du PJD, qui effectue une tournée d‘explication en Europe, s’est dit contre l’avis de l’ancien président français. Sa visité a dans ce sens pour objectif de dissiper les craintes des pays occidentaux, au lendemain de la victoire des islamistes en Turquie. «L’Union européenne n’est pas un club chrétien, fondé sur des critères confessionnels», a-t-il déclaré. C’est également l’avis du chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer, qui considère l’union comme une « communauté de valeurs, fondée sur les critères de la démocratie, l’Etat de droit, la tolérance et l’émancipation de la femme ». Cela vaut aussi bien pour les pays membres que pour les candidats, selon lui.
Le sommet de Copenhague devrait prendre ses décisions sur cette base, estime le ministre allemand des affaires étrangères. La Turquie, avait estimé pour sa part le dirigeant turc, fournira le meilleur exemple de la compatibilité de l’Islam et de la démocratie.

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